30 avril 2007

Philémonpédia: le mot «daltonien»

Philémonpédia: parce que savoir, c'est fort!

DALTONIEN

Le mot daltonien est apparu dans la littérature américaine du début du XIXe siècle. Le terme, qui est une traduction fidèle de l'expression מחשב יסייע לך בקבלת החלטות (voir Talmud), fait référence au dernier né d'une famille de cinq enfants qui ont la gale.

Dans le cas concret qui nous occupe, "Daltonien" réfère donc au plus jeune frère Dalton, né malade, chétif et constipé. Sa croissance personnelle déficiente fît de lui le souffre-douleur de sa communauté. Renfrogné, solitaire et hypocondriaque, il refusait les légumes verts mais adorait la papaye des montagnes.

Le fait qu'il soit présenté ici en tons de gris n'est que pure coïncidence, et n'a strictement rien à voir avec le terme "daltonien".

29 avril 2007

Chronique de l'ascenseur: jour 8620

C'est quoi les Chroniques de l'ascenseur ?

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Les citations véridiques sont indiquées en gras pour l'instant.
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J'ai... je... j'ai refusé.

Je sais très... J'ai tellement mal. J'ai si mal. Il a raté le coeur je p... je pense. Poumon. Poumon gauche.

Je suis pas ici pour ça, je transporte pas n'importe qu...

...

C'est dégueulasse cracher du sang. Je respire à peine, mon côté gauche est en feu.

Tu sors pas de ton trou. Pas avec moi. Je sais très bien ce qui t'attend. T'es une charogne.

Je vois plus rien. Mon coeur pompe si fort, je le sens répandre ses injections sur le sol. Moi qui venait d'acheter de nouveaux pantalons, ils sont gâchés maintenant.

Et j'arrive à trouver le moyen de faire des blag...

ÇA FAIT MAL.

J'ai perçu trois coups de feu. Un ordre a été donné, j'ai rien compris, un charabia. J'étais occupé à amortir deux des trois balles. Je ne vois plus rien, le sol de Charlotte est humide et chaud. Humide et chaud. À 37 degrés, la chaleur du corps humain. Ce liquide sent comme moi.

La porte est fermée, je le sais. Mais on ne bouge plus. J'entends des voix hurer derrière. Je comprends rien, du charabia.

30 avril 1945... j'aurais dû savoir.

Charlotte.

S'il-te-plaît.

Sors nous d'ici.

J'ai si mal.

Charlotte? Coopération?

Rien ne bouge. Je ne vois rien.

Charlotte? Charlotte? CHARLOTTE, JE MEURS ICI, TU PEUX PAS FAIRE SEMBLANT DE DIRE OUI?

Ding!

Je... voulais pas que tu...

-Tuez-le!

26 avril 2007

Chronique du cadavre exquis: amusez-vous. J'émets des reçus d'impôt!

Allez soyez chics, et même anonymes si vous voulez. Un petit cadavre exquis court. Ça se termine maintenant, vous sentirez rien, allez. Je commence une histoire, et vous ajoutez le punch final, la phrase qui tue. Vous allez voir, c'est super simple, stimulant, dénué d'OGM et votre lessive sera plus propre et - surtout - plus lisse. Car je lave blanc avec OLYMPE, la lessive des Dieux.

On commence. Je place les lieux et les délicieux personnages et vous me donnez la phrase finale. Juste une phrase hein, vous me chiez pas le catalogue Ikea là. Même si je trouve la chaise Enkül à la page 74 relativement énigmatique.

(Pour les plus alertes, oui y'a Naked Lunch de Cronenberg qui joue à la télé et je l'écoute de façon distraite, mais ça ne m'influence pas pantoute.)

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Fait chaud dans l'Interzone. L'Afrique du Nord vous fait ça. On se sent comme un poisson dans l'eau - c'est-à-dire mouillé.

Je n'y suis que par affaires. Tout est affaires de nos jour. On converge, on diverge, on dit 'verges' et hop, les actions fluctuent.

Mais bon.

Je viens juste de quitter Gaspard, cette fripouille sympathique. Il commençait juste à me les casser avec son histoire de frère qui disparaît et tout ça, la traversée du Désert.... Je l'écoute, je lui fais les "oui oui" nécessaires" par politesse. Il est utile Gaspard, maid des fois hein c'est lourd. Ding! qu'il fait et hop, je suis dans l'Interzone et hors de ses histoires rocambolesques et - disons-le - un peu tirées par les chevaux.

Bref j'arrive et rencontre Béatrice. La chaude Béatrice; ce teint bazané, cette bouche invitante, les yeux d'enfer, la totale quoi. Tout de suite je place mes pions.

- "Tu sais Béatrice, j'ai vu le maître l'autre jour et à la suite d'un repas sept services digne des meilleurs Bocuse de ce monde, il m'a investi d'une mission. "

- "Laquelle?", s'enquérit-elle non sans machouiller longuement une panure au tofu qui nous laissa de glace.

- "Rétablir l'ordre mondial et me débarasser de mes dépendances olfactives".

- "Tu as des dépendances olfactives?"

La conversation aurait pu s'éterniser jusqu'à plus soif, mais heureusement un sympathique grille-pain marron intervenusse dans la conversation. Comme suit:

- "Tchak"

-"Oui mais, et ta soeur???"

Et c'est alors qu'il m'assaina sa superbe réplique assassine, mais ô combien excellente:

(VOTRE RÉPLIQUE SERAIT ICI)

(C'est ici que vous intervenez, ami(e)s lecteur(euse)s. Il a dit quoi le grille-pain hein? Hein? La meilleure réplique ne gagne rien, mais imaginez les conversations de bar que vous aurez.

22 avril 2007

Pur Kwâ?

J'écris pourquoi? Pour qui? Pour moi j'imagine, pour laisser une trace tangible, retraçable.

Et là je vais voir un film - c'est mon boulot après tout, voir des films, donner mon opinion sur ceux-ci. Bah. Critique? Non j'hais le terme. Le boulot facile, critiquer une fois que tout est fait. C'est pour ça qu'on met "commenté par" dans nos textes. On critique pas, on commente. Manière de se cacher derrière une opinion? Peut-être. Mais je parle juste pour moi. J'aime pas critiquer, je déteste au demeurant. J'aime commenter, je peux vivre avec ça.

Bref j'écris, j'en suis bien content, ça me permet de me sentir vivant. Pas important, juste vivant, juste le plaisir d'apposer à un canevas virtuel un peu d'humanité. La mienne, du moins.

Et je vais voir ce film, Les amitiés maléfiques, que j'ai bien aimé. J'ai vu tant de navets récemment que ça fait du bien d'aller voir un film qui parle tiens, même si c'est un peu garroché, un peu "écoute moi réciter un texte". Y'avait un fond à ce film, intéressant. J'ai donné 4 sur 5. On s'en balance de la note, la mathématique n'a jamais rien compris de toute façon. Ça construit des ponts et ça allège parfois notre fardeau fiscal, soit, mais à la base, ça n'a jamais vraiment... ah je dis tant de conneries!

Et dans ce film, cette phrase de Karl Klause, cet heureux vivant que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam : Pourquoi certaines personnes écrivent-elles? Parce qu'elles n'ont pas assez de caractère pour ne pas le faire.

Voilà deux semaines que je me repasse la phrase, je la décortique, je l'aborde de tous les angles. J'essaie de repousser loin de moi cette infâme conclusion. Parce qu'elles n'ont pas assez de caractère pour ne pas le faire.

Point zéro. Tout à fait vrai. Je manque de caractère, donc, d'office, j'écris. Hors de caractère, que puis-je faire? Écrire, au pis aller. J'essaie en tout cas. Ça ne prouve rien, mais ça justifie un tas de trucs. Ça ME justifie un tas de trucs. Mais je pourrais avoir tout faux. Ce qui ferait de moi un rebelle de pauvre pitance. Mais ce pain-là, je veux bien y mettre mes dents! C'est tout ce que je peux faire, pour l'instant. Je m'en substante aisément.

À quelle heure on soupe déjà?

P.S. J'écris pour Gaspard... car je lui dois bien ça.

20 avril 2007

Chroniques de l'ascenseur: jour 8613

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Je me remettais lentement de mes émotions. Faut dire qu'à la vitesse où j'ai ingurgité toute cette nourriture après ma traversée de 40 ans du désert - effectuée en trois jours hein, on remarque - y'avait cause à la lenteur du système.

On digère un copieux repas comme on digère une expérience de vie traumatisante : avec beaucoup de regrets, de douleurs et de vents.

Je pensais à tout ce qui m'était arrivé. Mais c'était un rêve. Je pensais donc à tout ce qui ne m'étais pas vraiment arrivé. Mais le carnet était quand même à mes pieds. Maintenant. Il est là, là. Présentement. Je pensais donc à ce qui ne m'était pas vraiment arrivé, mais arrivé pareil. Ah, je suis si confus. Ça doit être les poivrons marinés. Dégueulasses, au demeurant, mais marinés tout de même. Ça vous fait ça des poivrons marinés, ça vous confuse.

Ding !

Ah bin oui, le retour dans mon cube signifie le retour au boulot. Je me lève, nettoie prestement - un élégant coup de pied fera le travail - et je suis prêt. JE SUIS PRÊT.

- Entéka, J'ai peur qu'a me donne des bibittes.

Fait un jeune garçon en pénétrant dans l'ascenseur. Finalement, j'étais pas si prêt, de toute évidence. Je pourrais ne pas le relancer et simplement demander la destination, hop c'est fini on passe à autre chose. Excellent, c'est exactement ce que je vais faire, je vais ignorer totalement la remarque et lui poser la simple question qui nous mènera à sa destination de choix.

- Vous dites?

Bravo Gaspard. C'est raté hein, mon grand champion.

- Entéka, J'ai peur qu'a me donne des bibittes.

Eh bin, que je me dis. Explore-je cette nouvelle donnée?

- C'est que j'entame à l'instant une nouvelle relation amoureuse et, bin vous savez on se pose toujours des questions au début hein...

- Sain jeune homme, je vous salue pour votre hypocondr... non, je vous salue pour votre soucis de la chose hygiénique. Auriez-vous - par un certain hasard - certaines inquiétudes sur les épanchements amoureux de votre nouvelle éconduite?

- ... de comment?

- Auriez-vous matière à remettre en cause les déboursés amoureux de votre nouvelle conquête?

- Dans le sens de?

- Se serait-elle donné à PierreJeanJacques, ce faisant occasionnant en vous cette inquiétude - réfléchie, salutaire et nettement justifiée - de vous enquérir de ses...

- En français international maintenant?

- Morpions?

- Sans façon merci. Je peux savoir ce qui incite une telle proposition? Pour le fun, mettons?

- Eh bien... cette référence aux... bibittes là....

- Ma copine entomologue qui veut me nourrir à coups de larves chocolatées?

- Oui voilà, elle euh... elle veut vous... voilà. La belle chose.

- T'allais imaginer quoi là?

- Et je vous amène où ce soir, cher client?

- Insectarium svp. Et un conseil, vous permettez?

- Moui bien sûr.

- Toute cette nourriture sur le sol... faites le ménage mon vieux. Vous allez vous retrouver avec un essaim de bibittes incroyables. Déjà que l'aération de l'endroit hein, on repassera.

Ding!

- Merci j'en prends bonne note.

- Han han, merci Ducon.

Home, sweet home que je disais. Ah, ta gueule Charlotte estie, c'est pas le moment.



19 avril 2007

Je suis tout ça

SANS DESSEIN: dépourvu de projet ou d'intention.

ATTACHANT: Qui attache, suscite de la bienveillance. Synonyme: agréable.

Je suis donc agréablement sans dessein. Ça aurait pu être pire.

Posez pas de question, appuyez sur 'x' et allez jouer dehors, fait beau dehors.

18 avril 2007

Chroniques de l'ascenseur: l'éveil

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Soixante-douze heures dans un désert. Essayez, vous allez voir. Ça fait des miracles sur une peau laiteuse comme la mienne. Se cacher dans le sable en plein jour pour ne pas brûler, se geler les organes et ne pas dormir la nuit en raison du.. .froid! La putain d'ironie. Et j'ai tellement faim.

Je...

Je fais quoi ici? Charlotte, tu fais quoi là? Pas comme si je manquais d'opportunité, je suis entouré de portes, partout! Des portes, à satiété, toutes dépourvues de mécanisme d'ouverture. Un test? Un test de quoi, d'intelligence? J'ai pas assez prouvé que j'étais déficient en la matière? Ça lui prend quoi, que je prenne un bain avec un électroménager branché dans du 220? Allez viens ici Mademoiselle Inglis, que je me glisse entre tes paroies blanches les deux pieds dans l'eau. Viens décharger la moitié du barrage Eastmain dans mes reins, juste pour voir le feeling.

Juste comme je manquais d'images saisissantes pour illustrer mon mal d'être, j'ai enfin tr
ouvé une porte qui ouvre. "Le bonheur" me sussurai-je, en me laissant choir sur le sol passé son cadre. Que nenni. Rien, quatre murs étanches, opaques, rien sur quoi appuyer à part mes tempes suffocantes, qui réclament l'arme de poing que je n'ai pas.

Mais au milieu du sol, juste là, un carnet me contemple. En fait, il ne me contemple pas du tout, qu'est-ce qu'il se contrecrisse de moi. Mais il me contemple pareil, car je suis un grand romantique. Affamé. Et un crayon mine.

Non, je ne suis pas un crayon mine; ya un crayon mine avec le carnet. Ah, vous comprenez rien!

Sans aiguisoir hein, on remarque. Le message est clair, "écris tant que tu as de la mine mon chéri". Ouais super. J'ai le goût d'un repas sept services avec extra tout, mais j'ai un crayon mine. Ça va être agréable à ronger.

J'aurais pu rester dans ce cube stérile inondé de néon et de rien d'autre, mais je me suis dit que ce serait plus agréable d'aller mourir dehors. "Allez jouer dehors, c'est excellent pour votre santé. L'air pur, le soleil, c'est naturel."

Ouais, l'arsenic aussi c'est naturel.

Bah.

J'ai donc décidé de laisser un leg au désert. Je vais lui offrir ma vie, écrite succintement sur un cahier moche, avec un crayon moche qui possède sa propre date de péremption. "Meilleur avant tout de suite". Wooo-ooooo le rush de pas le goût qui me prend.

Impossible d'écrire sous le soleil éthiopien. J'attendrai la nuit. Ça me fera oublier mes os qui grelottent, mon estomac qui disjoncte, ma tête qui éclate. Mon oeil.

"Je suis né en l'an zéro. Comment je me suis nourri et gardé propre est un mystère."

(...)

"Mon premier geste de liberté fut d'être assez grand pour atteindre ce foutu panneau, qui me donnait le contrôle sur mes allées et venues. Ne sachant jamais ma destination, j'ai épuisé tous les boutons de la première rangée de contrôle. Ça a pris 14 mois avant d'atteindre la deuxième rangée."

(...)

"JFK? Vous venez de tuer qui exactement, un acronyme? Mais qui êtes-vous?"

(...)

"Le fils de qui? Mais vous saignez aux mains et aux pieds... attendez vous saignez de partout. Vous allez me cochonner mon lieu de travail mon vieux, laissez-moi vous..."

(...)

"Mon frère est derrière moi, je le sais, je le sens..."

(...)

"Cette pute de Charlotte qui..." Je n'avais pas remarqué que, plongé dans ma propre autobiographie de merde, le soleil s'était remis à plomber. Ce sont ces mêmes plombs qui sautèrent d'un coup, et je tombai dans un sommeil profond. Me réveillant, je me retrouvai dans l'entre de Charlotte.

Enfin!

Un copieux repas m'attendait. La douceur de son néon blafard était pour moi une panacée! Le retour de l'enfant prodigue! Pas trop tôt! Quel mauvais rêve, quel cauchemar dantesque! Charlotte, attend que je te raconte...

Et pourtant, à mes pieds, le vil cahier. Affamé comme 10,000 biafrais, j'en oubliai néanmoins mes besoins primaires criants et pris entre mes mains l'infâme objet. Tout y était, tous mes souvenirs, ma vie quoi, écrite par ma main - je devine.

La dernière entrée m'interpella. Alors que mon griffonage s'arrêtait sur
la poétique "cette pute de Charlotte qui...", une inscription écrite d'une main autre que la mienne offrait:

Va chier! Mets ça dans ta chronique.

Home, sweet home.


15 avril 2007

Casa Geek

Amusant ce test. Êtes-vous geek?

J'espérais l'être moins que mon ami Zourigne. Nenni. 62%, comme lui. Moi qui croyais pouvoir user d'une incertaine supériorité pour le corrompre... J'aurai vraiment tout raté.

Faites le test: êtes vous geek?

14 avril 2007

Chroniques de l'ascenseur: le rêve?

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"Vous voyagez partout, vous parcourez l'espace et le temps, vos rêves doivent être assez ordinaires hein?"

Qu'une cliente m'a dit une fois.

- Pourquoi mes rêves seraient-ils plus désolants que le
s vôtres Madame, m'enquéris-je.

- Bin... La fonction primaire du rêve est de purger le cerveau de la banalité du quotidien et de l'amener dans des endroits... insoupçonnés. Et vous, vous faites cela à la semaine longue alors... Vous rêvez à quoi exactement?

Je n'ai su que répondre et, après l'avoir promptement laissée à l'étage Chanel, je me suis posé la question.

C'était il y a quelques mois. J'ai réalisé depuis qu'effectivement, je rêvais sans doute mais n'en gardais aucun souvenir. Jusqu'à ce matin. Sans doute le fruit d'une préparation mentale dont je n'avais aucun contrôle.

Le soleil plombait. Solide. On ne parle pas 30 degrés à l'ombre avec un pastis ici, on parle 3428 degrés pas d'ombre, pas de pastis, pas de crème solaire. La t
otale. Ça sentait l'Éthiopie. Moi qui a toujours voulu voir le Nil bleu. Vous savez, le Nil, cette foutue rivière qui coule à l'envers. Se divise en deux sources. Le Nil bleu puise sa source en Éthip... ah ma gueule!

Bref faisait chaud, très chaud, trop chaud. Mais aucun pore de ma peau ne suaintait. Tout de suite je me suis dis "impossible. Ou bien je suis dans un rêve, ou bien je suis dans une pub de Lise Watier vantant les mérites de son "no sweat ware". N'ayant reçu aucun écu de Lise - ni le moindre fax for that matter - je me suis dit que je rêvais.


J'attendais donc impatiemment au détour d'une dune d'apercevoir un oasis, vrai ou factice, qui m'aurait sorti de ma turpitude. Même pas. Mais il y avait une porte par contre, avec un bouton en son centre.


Eh bin. Même dans mes rèves, je décolle pas du boulot. C'est plaisant. Comme une coloscopie, mais différent. Le choix s'offre a moi : appuyer et redevenir ce que je suis en dehors de mon cortex, ou bien faire l'indifférent et vivre un rêve, à savoir me carboniser dans un désert dénué d'intérêt. Aventurier devant l'éternel, j'appuie.

Ding!

Pour une fois que je suis de l'autre côté de la porte.

Mais non.

Dès que ça sonne, je suis de retour dans mon cube, et la porte ouvre sur une mer de boue.

- Enfin du sec!

- Akhenaten? C'est toi?

- Bien sûr que c'est moi. Y'étais temps hein.

- Temps de quoi au juste?

- Hey man! Tu te rappelles pas? J'avais sonné frénétiquement... la Mer Rouge allait se refermer sur notre armée, le dernier survivant, tout ça?

- ah ouin...

- Même dans tes rêves, j'ai les pieds tellement mouillés. Tu me fais une place?

La porte ne s'est jamais refermée, j'étais ailleurs.

Le problème, le GROS problème, c'est que je suis maintenant très éveillé. Au faîte de ma conscience. C'est pas ça le problème, au demeurant. C'est que je suis toujours dans ce putain de désert. Éveillé. Et pas de porte.

Charlotte? Bébé? C'est quoi qui se passe là?


12 avril 2007

Tague Mahal

Bon, Miss Zerotom m’a tagué, je n’ai donc autre choix que de me défendre et lui griffer la face. Ou de répondre à son invitation. J’avoue que le choix n’est pas facile. Mais pour gagner du temps, va pour la tague. Voici donc SEPT chansons que j’écoute en ce moment.

1- Dès demain, je me mets à écouter Petite Fille je t’aime de Volume était au maximum. Car moi aussi mes pious-pious ont besoin de se faire fermer la gueule et paraît il que ça fonctionne.

2- Blush Response, de Vangelis, tiré de la bande sonore de Blade Runner, l’opus de Ridley Scott. « Have you ever retired a human by mistake? » En passant, moi aussi je suis un Replicant. La preuve : je suis insensible à la bêtise. C’est vous dire si je suis vraiment insensible.

3- Random, de Dead can Dance. (Meuh non c’est pas le titre de la chanson, c’est que je n’ai pas le cœur d’en choisir une, alors j’écoute random. Dans le sens de…)

4- Accidents, d’Alexisonfire. Parce qu’un gars qui jappe sur un fond rock me rappelle qu’à 14 ans j’adorais ça, donc c’est mon eau de Jouvence. Et, comme aimait dire Camus : « la toune torche ».

5- How to Disappear Completely, de Radiohead. Parce que ça me ramène dans mon salon de la rue Châteaubriand un samedi d’été en 1980, alors que la laveuse marchait et que la porte de la cuisine qui donnait sur le balcon était grande ouverte. Je suis excessivement sérieux mais ne cherchez pas à comprendre. Je ne fournis pas la carte routière.

6- Le Crabe, de Malajube. Pour le bienfait de mon Air Guitar… Et je le joue avec les dents hein…

7- Ma colombe est blessée, du Gros bleu et la sensuelle… Chose. Ça me rappelle que dans toute chose, il y a du beau. C’est juste crissement dur à trouver dans ça, mais il y en a quelque part. Enfoui. Genre.

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Voilà, vous savez tout sur moi, je devrai vous tuer maintenant. Je donne la tague à Arcane et Monsieur Zourigne. Voilà qui devrait être intéressant!!


10 avril 2007

Chroniques de l'escalier mobile: jour 1

Ce condescendant de Gaspard m'ayant clairement indiqué que je suis incapable d'écrire autre chose que ces foutues Chroniques de l'ascenseur, j'ai décidé de relever ce "défi" et de lui démontrer blanc sale sur fond bleu que j'ai pas besoin de lui pour jouer à l'intéressant.

Voici donc les Chroniques de l'escalier mobile. Vous allez voir, on va vivre du gros délire, l'apothéose du talent humainement possible. Pensez Camus.

Allez on se lance.

Ce matin, fait beau, les oiseaux cui-cui, les défécations de toutous dégèlent et ornent maintenant mes Converse 'british'. C'est d'un pas assuré - et bruni par tout ce que la nature a de beau - que je m'engouffre dans le métro Crémazie. Non j'en veux pas de 24 heures madame.

Donc j'entre, je paie mon passage et je suis rendu en bas. Ah non ça a été trop vite.

J'étais donc dans l'escalier mobile et...

De mémoire, je pense qu'il y avait une madagne avant moi avec un sac d'épicerie. Ou un sac à dos? C'était peut-être un sac d'épicerie en forme de dos remarquez bien, d'où confusion.

Bref, elle avait un sac à dos qui... qui était là.

Ding!

Ah non ça marche pas, ça fait pas ding! pantoute un escalier mobile. Ça fait tchak tchak tchak quand ça chie et que ça menace d'arrêter mais c'est tout.

Donc j'étais dans l'escalier et... bin c'est pas mal ça.

Eh bien c'est pas tout ça hein, j'ai des choses à faire dans la maison. Je pensais repeinturer ou alors changer mes cadrages de portes de place.

Bon ok, OK OK c'était une mauvaise idée l'escalier mobile, je vais trouver autre chose. Ça veut pas dire que chose a gagné là, ça ne prouve absolument rien.

Pffffff

Chroniques de l'ascenseur: jour 8611

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Je viens de recevoir une mise en demeure de l'avocat de mes deux réincarnations du mal. Blablabla nous vous sommons de... Ouais, sommez tant que vous voulez mes beaux, avant que je retourne vous chercher à Kaboul, il va pleuvoir des vaches hongroises beige.

(note de la rédaction : je n'ai aucune putain d'idée de quelle couleur sont les vaches hongroises. Peut-être sont-elles beige? J'en ai rien à branler, mais si elles sont effectivement beige, alors mon gag médiocre tombe à l'eau. N'écoutant que mon courage éthylique, je recommence juste pour être sûr, mais c'est n'importe quoi, soyez avertis. Et cachez vos enfants.)

Ouais, sommez tant que vous voulez mes beaux, avant que je retourne vous chercher à Kaboul, il va pleuvoir des vaches hongroises pourpres ornées de taches off-white, chaussées de bottes d'eau de couleur pêche achetées à vil prix au Tigre Géant de Matane.

(Là si les vaches hongroises ont effectivement des bottes d'eau de couleur... ah, ma gueule! )

Ok c'est fini ducon, ton trip d'auteur ulcéré? Bon. De retour à moi.

Je voulais faire un retour sur mes jolies vacances... Donc j'avais besoin de vacances et Charlotte, dans toute sa béatitude , a décidé de...

(Wôôô là, c'est qui le ducon?)

Non mais tu veux quoi toi? Monsieur a une plainte a formuler? On en fait pas déjà asse
z par hasard? Monsieur veut des fleurs, le pot, l'eau sucrée et tout?

(Les nerfs. Tsé, l'option 'effacer ce blogue', c'est pas pour les chiens hein.)

Ooooooh la grosse menace. T'entends ça Charlotte. MONSSSSIEUR menace de couper court. MONSSSSIEUR 'je copie tout de Wikipédia pour faire semblant que j'ai de la culture' veut couper court. La belle jambe que ça nous fait toi. Tu ferais quoi ensuite hein?

(Pfffff, des blogues, je peux en partir 100 000 sur 100 000 sujets différents, oh!, MONSSSIEUR je voyage partout, je connais tout le monde.)

Ah bin oui. Chroniques de l'ascenseur, c'était déjà pas excitant au départ, j'ai déjà hâte à la suite. Chroniques de l'autobus 197? Chroniques de l'escalier mobile? Chroniques de mes taches de naissance? Bonsoir le lectorat hein, ça va faire fureur solide.

(Tu bandes quand tu t'écoutes parler comme ça?)

Je ne fais que t'écouter écrire mon grand. Pénible hein?

(...)

Là tu veux juste placer ta petite phrase. C'est quoi ce soir?

(
C'est ta première fois chez Antoine?)

Évidemment. Je vois tout de suite le lien cheapo avec mes dernières vacances, que j'allais raconter. Mais tu sais quoi? Étouffe toi avec, je les garde pour moi.

(Remarque que j'ai quand même réussi à placer la phrase. Tu remarques? C'est moi le plus fort, gnagnagna!)

Celui qui vainc sans péril triomphe sans gloire.

(C'est moi qui vient d'écrire ça, ça ne compte pas.)

On gage?

8 avril 2007

In Benedictus Veritas

Lors de son homélie dominicale de Pâques, Benoît "Panzer Kardinal" XVI a encore réussi à épater la galerie en y allant d'une vibrante mise à jour sur les aléas du genre humain.

Le pape ne voit «rien de positif» en Irak

Woo-ooooo. Voilà qui est rassurant. J'ai arrêté de lire, juste au cas où i
l aurait daigné prononcé le mot «Soudan». Venant d'une institution qui a pris plus de 340 ans pour réhabiliter Galilée, qui continue à souscrire aux préceptes de la désinformation et de l'ignorance crasse en proscrivant l'utilisation de méthodes de contraception au nom de la très sainte abstinence (1-800-21e siècle bonjour, restez en attente, votre appel est important pour nous) et j'en passe et en passe et en passe...

Bref les amis, notre moralité est entre bonnes mains.

Retenez juste encore un peu votre souffle, j'ai eu écho qu'il proclamera bientôt que les femmes ont une âme. Ça s'en vient. Qu'est ce que je le sens bien.

Heil Panzer!

L'agitateur du Languedoc, toile de Jean-Paul Laurens, 1882, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Résurrection, mon cul oui!

Pendant qu'on se recueille, qu'on se gave, qu'on se nourrit de pois et de Cadbury et que les trois-quarts de la population philippine se flagelle, se mutile et s'auto-crucifie, il fait quoi le Jésus? Il se paie des vacances sur sa Miracle Express. Le salaud. Mais bon, avec une PME comme la sienne, j'avoue que je ferais pareil. J'espère qu'il n'oubliera pas de se crémer les oreilles, ça fesse fort le soleil d'Acapulco.

5 avril 2007

Chroniques de l'ascenseur : jour 8610

C'est quoi les Chroniques de l'ascenseur ?

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Si on m'avait dit que je passerais de telles vacances, j'aurais tout nié en bloc. Je veux bien blâmer le caractère de cul de Charlotte, force m'est d'avouer que quand elle décide de me changer les idées, elle n'y va pas avec le dos de la Mer morte. Marc-Antoine - Marcus pour moi maintenant - est vraiment délirant. Pour un fils de consul, qu'est-ce qu''il sait être divertissant. La cuite qu'on a prise à Alexandrie... Marcus ne cessait de ressasser ses écartades amoureuses avec Cléopâtre, sa petite macédonienne comme il aimait l'appeler. Je la connais bien moi Cléo. C'est bibi qui s'est tapé la course d'aller lui chercher son fameux aspic qui la fit passer de vie à trépas quelques mois plus tard. Mais j'avais pas le coeur d'avouer ça à Marcus. J'avais surtout pas le coeur de lui dire qu'elle le prenait vraiment pour un foutu con aveugle à ses propres inaptitudes.

Bref j'en étais là ce matin à vous faire cette leçon d'histoire dont vous vous battez les couilles avec grave intensité que Charlie-girl me ramena sur le plancher des races bovines avec la subtilité d'un 18 roues sans freins dans une pente descendante astiquée de beurre aromatisé au fenouil. Le fenouil ne sert à rien, m'obstruerez-vous, mais ça tue l'odeur des pneus brûlés.

Bref.

Ding! Ding! Ding! fit-elle, avec ce goût du wake-up call qui me rappella son caractère de cul. Notez la redite.

La porte ouvre sur deux mômes. Des marmots, tout petits, du genre qui doivent falsifier leurs cartes d'identité pour entrer dans des bars 8 ans et plus.

- Bonjour les coquins.

Je remarque qu'ils sont habillés veston cravate. Des p'tits bonhommes habillés en messieurs, c'est tellement cuuuuute. J'ai envie de leur demander qui est mort, mais ça sort autrement.

- Vous savez mes trésors que tonton ne peut vous laisser entrer seuls sans une note de vos parents m'autorisant de...

- Ça va être beau Alfred, tu nous amènes au Salon des jeunes leaders pronto hein chef. Si ça se fait en silence, tu pourrais même te faire un beau pourboire.

La chanson du mièvre dit "prendre un enfant par la main". J'étais en train de transformer ce virulent ver d'oreille en "serrer un enfant par le cou" que les deux affreux étaient déjà dans le cube et la porte se refermait. J'étais malade la semaine qu'ils ont enseigné l'autorité parentale à l'école, ça parais-tu?


- Bon...

Et c'est là que toute la magie opéra sous mes yeux. Extraits choisis de leur conversation:

-
Pis, toé, la restructuration?

- Moi c'est le pire scénario possible je suis en dessous de Patrick Tardif. Mais je vais arranger ça, je vais enlever une couple de layers en haut de moé.

Ça vous remplie de poésie hein? Tasse toi Bobino.

- Wôôô les grands, il se passe quoi là, c'est Claude Picher qui pond les textes de Cornemuse maintenant? Les Simpsons, ça vous tente pas?

- J'espère que tu n'avais pas déjà dépensé ton pourboire Alfred, si la tendance se maintient, ton indice boursier va crasher solide.

Ding!

- C'est que c'est pas ici.

- Kaboul a beaucoup de charmes vous saurez. On sort ici, à moins que vous insistiez pour avoir des traces de Hush Puppies dans vos Armanis délavés.

Ce putain de Marc-Antoine m'a crissé sa descendance condescendante dans les dents 2000 ans plus tard. J'ai décidemment livré l'aspic au mauvais endroit.

Pourquoi je suis revenu de vacances déjà?



4 avril 2007

Chroniques de l'ascenseur: 2 minutes plus tard

C'est quoi les Chroniques de l'ascenseur ?

Pour voir toutes les Chroniques, on va ici.

Les citations véridiques sont indiquées en gras pour l'instant.
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Fallait que la porte ouvre, of course. Charlotte est très réceptive à ouvrir quand elle sait que je suis vulnérable. C'est nouveau, elle était pas comme ça avant. Elle aimait bien me protéger. J'imagine que ça lui donnait un sentiment de supériorité, un contrôle sur moi. Et c'était bien correct, j'avais besoin de ça. Mais maintenant c'est différent, elle le sent j'imagine.

Ouais j'imagine. Difficile de pas imaginer des trucs dans mon monde. Ça sonne, ding!, et là je me retrouve devant Pierrejeanjacques Jeanjacquespierre. Ce quidam qui a changé la face du monde en osant inventer un remède. Ou un placebo. Ou bien j'embarque celui qui a remporté le 200 mètres haies nu avec des plumes et du goudron collés au cul. Ou l'astronaute qui a foulé le premier la surface lunaire. Mais ça aurait pu être un terrain désertique du Wyoming, qu'en sais-je. Ou bien Oscar Wild ou Sun Tzu. Je lirais bien du Sun Tzu maintenant, l'Art de la guerre, ça pourrait me servir...

Vous le saviez que mon frère était présent hein?

Ding! Ainsi sonne Charlotte.

Je savais très bien ce qui m'attendait. Ça fait 8602 jours que j'attends de la confronter. Mais aujourd'hui, c'est pas le moment. Elle était au 4e. Mais aujourd'hui, je vais faire exprès d'oublier de peser sur le 4.. Ouvre pas Charlotte, fais le pour moi.

Ding!

La porte ne s'est jamais ouverte. Tout de suite j'ai su que je ne la reverrais jamais. Quand je me suis retourné dans mon cube, j'étais seul. Son espoir de me parler, de faire de moi son frère de sang est mort avec elle. Je lui enverrai une carte à la fête des mères tiens. Peut-être des fleurs mortuaires, c'est selon.

La preuve qu'on existe en fonction des autres. Mais maintenant les autres ont disparu, alors je suis là pourquoi? Crisse que j'en ai marre de tout ça. J'ai besoin de vacances, pronto. Charlotte cocotte, tu décides, tu m'amènes où ma chérie?

Charlotte?

Tu m'amènes où?

La trappe au plafond est encore ouverte - je viens de remarquer.

Charlotte?