Le fond de l'hère effraie
parce qu'on ne visse qu'une fois
15 novembre 2011
Philémonpédia: Le gaz de schiste
Gaz de schiste, vous savez ce que c'est? Évidemment que NON. Si vous saviez tout, l'utilité de Philémonpédia (marque déposée) serait... euh... inutile. Bref, m'a te montrer c'est quoi ça, le gaz de schiste.
Premièrement, mettons les choses au clair. Quand l'homme de votre vie -ou cette blind date frisée qui tente l'entre-jambe de la dame – se permet un «gaz de schiste» pré-amoureux dans la voiture, avec l'effet que l'on pense (genre: sors de la voiture mon maudit porc), bin c'est pas ça.
Par contre, le même quidam qui officie un rappel olfactif de son souper libanais sur une route de campagne olfactivement menacée par a) un épandage de fumier ou b) un épandage des coffrets DVD de Virginie pourrait s'en tirer relativement indemne.
Tout ce long et pénible préambule n'explique absolument rien des gaz de schiste, mais au moins on a eu du plaisir.
Donc le gaz machin c'est quoi? Grosso modo, le sous-sol provincial sur lequel vous caressez vos fonds de chaussure est rempli de gaz, qu'un type méchant, vilain et laid – un Américain mettons – veut prendre, profiter de et vous emplir les narines de ses reflux financiers. En gros, c'est ça. Le monde est pas content, le monde aime pas ça. Le monde aime sentir ses propres effluves, pas celles des autres.
Et les preuves contre sont considérablement accablantes. Mais la question se pose: on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, le bébé et l'eau du bain. Richesse naturelle? Oui. Belle idée. Mais tsé, si ma tante se meure d'un cancer généralisé, son salon en or pur, son mobilier dernier cri et son écran HD de 5458 pouces, bin, «ça prend quelqu'un pour le regarder hein».
Bref, le gaz de schiste c'est ça. C'est un peu un cancer avoué tout de go qu'on garnotte dans nos richesses naturelles, qu'on extirpe ensuite, qu'on vend ailleurs en se disant qu'on vient de faire la "piasse" et que finalement, bin... bin... Bin s'il y a un problème, on espère que ceux qui en ont profité auront une oreille attentive. Je crois que non.
Je suis venu te dire que je m'en vais
Être à son compte entraîne beaucoup d'avantages... et quelques désavantages. Se lever à l'heure normale - soit 11h37 - est un avantage. Faire l'épicerie au marché Jean-Talon à un moment fort opportun - genre le mercredi 15h57 - en est un autre. Eh oui, c'est congé! Enfin pas pour vous, mais pour moi certainement. Mais allez, ce n'est pas parce que je me lève à l'heure où vous dînerez qu'il faut m'en vouloir pour autant. Je serai de retour dans un état contemplatif lundi le 20 avril. D'ici là, soyez sage, mangez fruits et légumes et reculez-vous un peu en regardant la télé, votre mère vous l'a dit que vous allez finir avec des lunettes.
14 octobre 2011
Sommeil
16 avril 2010
Kick-Ass, ze film!
Pour adapter une bande dessinée au grand écran, il faut posséder une grande abnégation, car l’estime de soi peut en prendre pour son rhume. Rien de plus difficile à satisfaire que les fans finis du 9e art (à part les Trekkies et les apôtres de Tolkien, mais n’allons pas là).D'un côté, les puristes ne se feront ni prier ni attendre pour démolir sur la place publique toute œuvre jugée en deçà des attentes. Qu'on pense aux adaptations récentes de Daredevil, Catwoman, Fantastic Four, The Punisher, Hulk, l'autre Hulk, Elek... Bon d'accord, on n'a pas toute la journée. Leçon à tirer: quand l'équipe de réalisation décide d'adapter en dénaturant l'œuvre, rien de bon n'en sort.
De l'autre côté, certains réalisateurs téméraires se sont aventurés sur le chemin étroit certes, mais oh! combien valorisant de l'adaptation fidèle. La bande dessinée étant déjà un art visuel, le défi est là: transposer les planches en scènes. Ceux qui ont réussi sans y perdre leur âme - pensons à Watchmen et à Tank Girl - n'ont pas toujours profité d'une grande popularité aux tourniquets. Les deux Batman de Christopher Nolan faisant exception.
Dans son adaptation de la très jouissive BD Kick-Ass de Mark Millar - auteur de génie ayant sous la cravate des titres comme Wanted, Civil War et American Jesus - le réalisateur Matthew Vaughn (Stardust) tente de ménager la chèvre et le chou. D'un côté, il réussit une formidable adaptation visuelle de l'œuvre mise en images par le dessinateur John Romita Jr. Sa réalisation rythmée avance à bâtons rompus - c'est le cas de le dire - et coupe parfois court dans le récit de base pour aller à l'essentiel.
De l'autre côté, et c'est malheureux pour ceux qui ont lu avant d'avoir vu, Vaughn ne se gêne pas pour voler un peu (beaucoup) l'âme du roman graphique de Millar. Reste l'excessive violence dans laquelle baigne l'histoire, certes, mais les contraintes difficiles de l'adolescence sont ici effacées au profit de blagues prépubères qui amusent, mais n'amènent aucune profondeur aux personnages, ce dont le livre regorge. Mais n'allons pas pleurer des larmes de crocodile pour personne: l'auteur Mark Millar, producteur exécutif du film, a clairement eu son mot à dire et cela paraît.
Et l'histoire? Kick-Ass, c'est Dave Lizewski, un jeune Américain tout aussi ordinaire que n'importe quel jeune trié au hasard. À la différence qu'il sera le premier à s'autoproclamer «super héros». Pourquoi personne avant lui n'a jamais osé revêtir un costume pour défendre la veuve et l'orphelin, voilà une question qui le tarabiscote. À tel point que, se sentant investi d'une mission, il commande via le web un costume de plongée, s'équipe d'un bâton de combat et hop!, part en guerre contre le petit banditisme.
À sa première... ahem... escarmouche, il comprend rapidement pourquoi personne avant lui n'a osé revendiquer le titre de justicier des rues.
Pour ce qui est du reste, sachez simplement qu'il y a du sang, des armes, 172 blagues grivoises et l'apparition d'autres «super héros» qui n'attendaient que leur moment pour briller. Ah oui, il y a Nicolas Cage aussi, dans le costume de Big Daddy. Et Chloe Moretz dans celui de Hit Girl. Le nom ne doit pas vous dire grand-chose, mais vous allez vouloir l'adopter, c'est garanti. Elle vient d'avoir 13 ans. Elle est ce que ce film offre de meilleur. Pensez à un croisement entre le personnage de The Bride (Uma Thurman) dans Kill Bill et de Trinity dans The Matrix. Ajoutez ensuite 20 tonnes d'attitude.
Vous n'avez pas lu la bande dessinée? Alors Kick-Ass, ça vaut définitivement le déplacement, et vous serrerez le poing souvent en criant «oh yeah!», bêtement. Vous voyez bien que ça vaut la peine.
Paraît-il que Vaughn est pressenti pour adapter une autre œuvre de Millar, American Jesus - qui raconte exactement ce que le titre annonce. Espérons simplement que la prochaine fois, le réalisateur et l'idéateur oseront coller au récit de base sans l'alléger au point de lui enlever trop de son... esprit.
18 mars 2010
Où s'tu travailles, part II
Vous êtes un infographiste talentueux avec expérience. Quelqu'un avec un oeil pour le détail et la capacité de préparer les fichiers en tenant compte des normes élevées de qualité des clients et de l’agence.
Je trouve ça un peu insultant pour les gens comme moi qui sont limités en matière d'oeil pour le détail. Me semble qu'une annonce comme:
Vous êtes un gribouilleur que ses parents trouvent très talentueux avec un désir d'acquérir de l'expérience. Quelqu'un avec un oeil, un bon cou porteur et au moins un rein fonctionnel et la capacité de préparer des repas en tenant compte du Guide alimentaire canadien.
...ça aurait été plus invitant. J'aurais pu leur envoyer mon portfolio, i.e. la fine infographie que j'avais proposée à l'époque à McDo lorsque leur indigeste pizza est venue nous dire qu'elle s'en allait:
Pour la petite histoire: non, le dessin n'a pas été retenu, ils m'ont préféré Donald Pilon. Allez comprendre.
