31 août 2007

Que sonne le glas

Tiens, je me suis encore réveillé ce matin.

Pourtant c'était pas prévu. J'avais tout planifié. Pour une fois que je m'étais vraiment investi dans un projet. Vingt-deux ans de promenades sur la croûte terrestre à me faire royalement chier. Royalement, j'insiste. Plus royalement que ça, j'allais chercher sa Sainteté au Vatican pour qu'il m'en couronne roi. J'avais fait les démarches, faut dire, mais on m'avait clairement laissé savoir par missive interposée que les descendants d'un certain Bonaparte, français de son état, auraient aussitôt intenté un procès pour bris de droit d'auteur envers ma légitime démarche.

Raté donc. Seul recours possible : les forces occultes. À moi voyantes, voyeurs, diseurs de mésaventures et animistes de vaudou. Encore une fois, faillite cérébrale, rien n'a fonctionné.

Je me suis donc tourné vers Dieu. Ouais, celui-là même. Qu'avais-je à perdre? Là n'est pas la question, je n'avais rien à y gagner anyway, je ne crois pas en lui mais ce n'est pas si grave, lui ne croit pas en moi non plus. Nous sommes athée l'un de l'autre, ça a au moins ça de clair.

Pendant des mois, je fis appel à lui. Ou elle, qu'en sais-je. Ça sonne engagé, ça sonne engagé, je m'emmerde je m'endors, fuck it je recommence demain.

Un soir pourtant, un autre appel sur la ligne pendant que j'attends. «Bonjour, votre appel est important pour nous, gardez la ligne jeune homme.»

Ah il me répond enfin!!! Bon, pas celui que je pensais, c'est plus son frère, l'autre, celui qui n'est plus dans la Grâce parentale, mais moi non plus, ça tombe bien.

Bref je vous évite les courbatures administratives, ça se termine en «signez ici, ça ne vous engage à rien et vous dégage de tout. En prime: un élégant attaché-case en forme pyramidale.»

Je signe. Évidemment. Pour la modique somme d'une âme, on me promet un espace de réflexion, la détente, le paradis sur Terre, l'Allali quoi!

Fou dans une poche, je signerai n'importe quoi, allez hop. Sortez moi d'ici, n'importe quoi! Ahahahah, j'ai vraiment fait un bon coup. C'est quoi le pire, le PIRE vraiment qui peut m'arriver?
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Tiens, je me suis encore réveillé ce matin.

29 août 2007

Oui Monsieur!

C'est (entre autres) pour ça que c'est mon ami.

Ah oui en passant si vous le voyez, pouvez dire à Poirier de raccrocher son téléphone, y'a des parents palestiniens qui tentent de le rejoindre, paraît qu'il y a des drames là-bas aussi. Je vous dit que ça leur en prend pas gros...

28 août 2007

À l'aide!

J'aime bien le boulot, mais pas tous les jours.

Évidemment, ça se la joue gros dans l'empire.

«La famille souligne le 10e anniversaire de la fillette», nous offre LowCostNews. Come on vous savez de qui je parle. Même le tortionnaire de la langue française, Claude 10-4 Poirier, s'est lancé dans la parade. On ne peut être contre la vertue, à sa place j'aurais accepté également.

Là où je veux en venir, c'est que demain le 29 si l'enfant n'est pas retrouvée, on va avoir droit à une spectaculaire montée médiatique vu que c'est son 10e anniversaire comprends tu. Ce qui ne change rien à rien, sauf que ça rend le tout beaucoup plus human interest comme dirait un syndicaliste connu.

Mais on va souligner quand même l''événement. Attendez de voir ça les caméras, les vox populi, l'émotion, les quidams qui vont offrir cadeaux, argent (avec un peu de chance, dictionnaires et grévisses destinés à Claude Poirier).

À ces gens, tous vertueux bien entendu, descendants directs de Mère Teresa, j'aurais peut-être une ou deux suggestions:

Beaucoup d'enfants ont disparu mais on les voit encore hein. Ils ont un toit pourtant, mais certains ne mangent pas, d'autres mangent mais des volées, et d'autres se retrouvent sur des réseaux pédophiles, savamment habillés en petits princes et princesses par papa et parfois maman, avant d'être offerts en proies faciles aux charognes du monde entier.

Oh oui ils ont disparu ces enfants-là; seulement, on les côtoie sans les voir. Sans le battage publicitaire, voyez?

Alors au lieu de faire un geste d'espoir un peu fanatisé dans les prochains jours, genre acheter le journal et dire "Ah mon Dieu" ou appeler François Paradis pour lui raconter que vous connaissez la tante du neveu du livreur de journaux qui passe sur la rue de la pauvre... Soyez donc un peu plus concret que ça, ça ne fait pas mal je le jure et au pis allé, ça paraît bien dans une conversation. Et vous n'irez pas en Enfer. Enfin, pas pour ça...

Le Club des petits déjeuners, car certains ne sont pas disparus mais ont faim le matin.

Leucan, car certains ne sont pas disparus, mais se vomissent les tripes à chaque traitement.

Grands frères et grandes soeurs, car certains ne sont pas disparus, mais se morfondent drôlement.
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Note à la personne qui aura l'intention de m'écrire que je ne dois pas avoir d'enfant pour être insensible de même: va te faire foutre.

27 août 2007

Ciel, mon marais!

Je rêvassais scrupuleusement dans un champ lorsqu'un arbre, sans crier gare, me poussa dans le dos et m'offrit le luxe de me servir de banc d'essai. Encore fallait-il avoir le goût de l'écrire, cet essai. J'avais déjà tenté la chose autrefois, alors que naguère je carburais aux effluves houbloneuses qui chaque lendemain matin me rappelaient à coup de crampes intestinales que j'étais fort mal avisé de dépenser ainsi mes fortunes acquises à coup de formulaires d'aide aux étudiants dûment remplies et postées dans les temps.

Mais je me disais alors que si ces fortunes étaient arrivées à moi, la faute ne pouvait être mienne car je bénéficiais du bon «patronage» de nos agents postaux qui, défiant vents, marées, veaux, vaches, cochons et jeunes mariées, se faisaient un devoir d'abandonner dans ma boîte postale mal peinturée un talon de chèque encore lié au chèque qui n'attendait que je lui gratte le dos pour être endossé.

Étant moi même maintenant endossé par cet espèce d'arbre filiforme, j'en étais à me demander ce que je devrais essayer. En n'écoutant que mon courage, je synthonisai sur ma chaîne portative la radio locale. Un jeune éphèbe, clairement polytraumatisé, y chantait l'amour des plantes grasses. Tout de suite, j'ai pensé à Boris Vian.

«Des petits nuages donnaient au ciel l'aspect d'un ciel parsemé de petits nuages, et c'était le cas.» *

Voilà qui ne m'avancait guère dans mon essai, mais j'étais sur une piste. Malheureusement, sur cette même piste atterrissa un avion cargo qui, ne faisant ni une ni deux, me passa sur le corps sans demander son reste, et les miens de restes furent inhumés aux pompes funèbres du coin. Comme quoi essayer est la première étape qui mène vers l'échec.**

Le saule pleureur qui me poussait dans le dos ne s'en remit jamais, fit une violente dépression et se transforma en poteau de téléphone qui sonna toujours occupé. Ca m'apprendra.
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* L'Oie bleue, Boris Vian, circa 1949
** Homer Simpson, circa XXe siècle

25 août 2007

Toi, le jeune!

Un petit message pour toi, le jeune. Notre petit projet de cavadre exquis - je ne parle pas d'Andrée Boucher, Roch Lasalle ni de Fidel Castro - bat son plein.

Déjà, ce joli projet de mon ami Daniel est rendu à 23 textes. Ne soyez pas dupes, nous ne serons JAMAIS publiés. Quel plus bel incitatif pour se joindre à nous. Faites nous le plaisir de nous lire et commenter si la chose vous excite, mais surtout ne vous gênez pas pour mettre votre tête sur le billot et y ajouter un texte de votre cru. C'est gratuit, et des reçus d'impôts seront prestemment émis.

Au plaisir de vous y lire!

24 août 2007

Je ne savais même pas qu'elle était malade

La mairesse Andrée Boucher est décédée. On va toujours se rappeler avec émotion ses choix vestimentaires et ses coloris plus vivants les uns que les autres.

Mais l'hommage le plus émouvant, c'est Rappaz qui l'a fait!

22 août 2007

Bon il était temps...

... qu'un média d'ici s'en prenne aux imbécilités débilitantes présentées par Le Secret, cet espèce de livre-culte (lire cul) dont l'infantilisante prose est à se jeter par terre. Si AU MOINS ils en avaient pas vendu 24 milliards...

Sur Radio-RestOfCanada, Jean Barbe et Micheline Lanctôt sautent à pieds joints sur la chose. Jouissif. En prime: Jean Barbe dit le mot «resucé».

Un derby démolissage de 22 minutes 13 secondes.

Chroniques de l'ascenseur : jour 8620... bin oui encore!

C'est quoi les Chroniques de l'ascenseur ?

Pour voir toutes les Chroniques, on va ici.

Les citations véridiques sont indiquées en gras.
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N.D.L.R.

Ça faisait un petit bout que les belles aventures propres et nouées d'intérêt de Gaspard et ses tinamis n'avaient pas avancé d'un iota. Il s'en est passé des choses. On a été en vacances, on a changé d'endroit de travail. Dorénavant, les chroniques ne seront plus nourries de nos aventures auditives d'un ascenseur pour 7 étages, mais bien pour 24 étages. Ça en fait ça du potentiel hein? Considérant que sur ça, il y a 6 étages consacrés uniquement à une compagnie d'assurances, le potentiel de conversations à s'atrophier le cervelet est multiplié par 14. Et la citation (toujours véridique, on vous rappelle) d'aujourd'hui est signe de belles choses à venir.

Enjoy. Et toi là-bas, je t'ai vu te gratter, c'est dégueulasse.


fin de la N.D.L.R.

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Bon on se remet dedans là. Vous vous rappelez, les soldats polonais... ou étaient-ils maghrébins ou russes? Je le sais tu moi, z'ont tous ce même bon arrière-goût de borscht anyway.

Bref, branle-bas de combat, je suis au sol, je tousse, je crache, je tonitrue mon mécontentement et un schtroumpf m'invective en pleine face. Tout le monde a suivi? Non. Allez chercher vos médicaments, je vous attends.

Ok tout le monde a son compagnon de voyage, on y va.

...

Son fort accent slave me résonnait encore à l'oreille comme si un nid de spanish flys caressaient mon enclume gauche avec de l'huile à massage rance.

- вилка! вилка!

Tu vois pas que je souffre le martyre, sale slave sans souci?


- Schtroumpfez-vous nom d'une schtroumpfette, son schtroumpf est maculé de sang!

Euh...


- Ne vous schtroumpfez pas du mauvais sang, nous nous en chargeons.

- Vous êtes quoi vous autres? Un rhume qui a pris goût à la vie ou quoi?

Sur quoi ils se mirent à 4 ou 18 (je n'ai jamais été très bon pour compter le nombre de rhumes avec des bonnets blancs) pour déchirer ma chemise - côté gauche dois-je faire remarquer par soucis de transparence.

- Schtroumpfing shit! Vous avez une schtroumpf de peau qui est schtroumpf. C'est dégueulasse en schtroumpfnak, pouah!

- Speak White les Bleus là, j'ai quoi ou?

Un vieux rhume rouge s'approchera de mon enclume bien enduite d'huile rance et me traduisit en termes plus humains les propos des mes nouveaux amis phlegmiques.

- Quoi? Quoi? Comment ça, j'ai une touffe de peau sec? Ça veut dire quoi ça encore?

Tu peux être un rhume, mais un rhume peut être con aussi. Les rhumes cons s'étaient trompé de côté de poumon et pendant qu'ils observaient mon pas de blessure à gauche, je continuais à me vider à droite, telle l'Euphrate dans.... bin là où se déverse l'Euphrate. C'est tu écrit Google Map dans mon front?

Maman.... viens me chercher! Teuf teuf!

21 août 2007

Fallait pas être là

C'est fou ce que je m'ennuyais de ces conversations de cuisinette, en attendant que dégèle, réchauffe de nouveau et accessoirement prenne en feu le repas 7 services que je m'étais préparé à la sauvette ce matin.

La conversation de cuisinette s'est déroulée comme suit. Émotion :

- J'ai mangé une pomme ce matin. Es-tu contente? J'ai mangé une pomme tu es contente.

- Une pomme? Oui?

- J'ai mangé une pomme ce matin. Tu me disais que je ne mangeais pas beaucoup de pommes, j'ai mangé une pomme.

- Tu as combien de pommes chez toi?

- Trois ou quatre, j'en ai mangé.

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C'est moi ou l'air rare du 24e étage fait des merveilles au cerveau humain?

19 août 2007

2020 University, me voici

Demain, le petit Philémon cassera net 21 jours de congé et retourne au boulot, gros Jean comme devant.

Mais il est très zen. Comme en fait foi cette photo prise cet après-midi lors de son examen médical bizannuel.

Mais vous serez heureux d'apprendre que mes reins se portent très bien. Bon je les porte bas, mais ils se portent bien.

18 août 2007

Philémonpédia: le terme «monopole»

Philémonpédia: parce que savoir, c'est fort!

LE MONOPOLE EXPLIQUÉ AUX AMI(E)S

C'est lors d'un bain particulièrement tiède pris par l'équipe complète de Philémonpédia - qui combat les méchants et accessoirement, la promiscuité - que l'idée germa d'expliquer aux gens moins bien nantis les vertues de l'expression ultime du capitalisme triomphant : le monopole.

Qu'est-ce qu'un monopole? Quels en sont les tenants et aboutissants? Quelles lois économiques régissent ces entitées économiques dont la colonne des revenus dépassent 523 fois le PIB de certains des territoires les plus prospères de la planète (St-Pierre et Miquelon, à titre d'exemple)? Combien ça coûte tomber sur Promenade avec deux maisons?

Bref, toutes ces judicieuses questions trouveront une réponse ailleurs hein, on a pas que ça à faire vous abreuver de savoir, on a un poulet au four.

Par contre, comment combattre un monopole, ça on peut.

Ainsi, souvent les monopoleux de ce monde profite d'un vide abyssal dans le commerce pour introduire - tel un javelot - un produit fantastique, révolutionnaire dont eux seuls détiennent le secret de.

Par exemple, l'empire Doritos nous a pénétrés récemment d'un NEW! NOUVEAU! sac de croustilles triangles (premier défi) au... tandoori! Un réel régal épicé des Indes, comme qu'y disent. Photo:


Z'avez vu? Pas sitôt séchée de son trempage, l'équipe s'est tout de suite sentie investie d'une mission: démolir le monopole Doritos, destituer le président, fabriquer ses propres croustiques NEW!/NOUVEAU! au tandoori et prendre un rendez-vous chez le dentiste pour l'enfant.

L'épicerie n'a pas été faite et vous n'avez pas une tôle pour aller acheter un représentant de la famille des cucurbitacées? Aucun problème, prenez un citron et inscrivez DRAMATISATION dessus, ca va faire p-a-r-e-i-l. Photo.


On y croirait, pas être là. Il faut maintenant rajouter la saveur des Indes. C'est ici que ça se complique. Si vous êtes de la famille de Christophe Colomb (ou Rimbaud, je les mélange tout le temps), pour vous un indien c'est l'exemple de gauche. Si vous ne sortez pas souvent de chez vous et que vous confondez l'oeuf et la poule, un indien c'est l'exemple de droite. Vous ajoutez celui qui vous convient, mais il y en a un qui va moins goûter le tandoori. Faites en un jeu, invitez la famille.


Une fois les ingrédients savamment mélangés et que tout a bien bouilli pendant 57 minutes, passez le tout au hachoir, et demandez à vos savantes mains de vous concocter de magnifiques bouts de pâte en forme triangulaire. Calculez l'hypothénuse et retirez 2 et gardez la monnaie.

Ensuite, l'emballage. Tous les cracks du marketing vous diront que l'habillage du produit en fait sa perte ou sa fortune. Pour notre part, nous avons décidé de carrément jouer dans les terres de l'ennemi. Nous avons donc vidé le sac et nous y avons mis notre propre produit. Voyez plutôt:

C'est à s'y MÉPRENDRE. Et dire que M. Doritos ne fera pas un sou. C'est comme ça, qu'on combat un monopole. Et le poulet est prêt en plus. À bientôt!



17 août 2007

L'exquis

Mon cher ami Daniel m'a proposé un projet ma foi fort sympa: un cadavre exquis. Oh allez, vous savez c'est quoi.

On vous invite à nous joindre, dans ce délire. Amis blogueurs, amis tout court, si vous vous sentez l'âme du scribe ou l'âme tout court, de grâce, joignez-nous. Sinon, on se revoit à Noël et on s'échange nos meilleurs voeux sous le gui!

Au plaisir de vous y voir, et surtout de vous lire!

Vous aurez compris qu'il faut lire de bas en haut, les derniers textes étant publiés en premier!

9 août 2007

Ground Control to Monsieur Popol

Non mais, la question se pose : ou diable se terre Monsieur Popol?

Faites comme moi, exigez le retour d'Épopée Rock sur nos zondes.


Où êtes-vous, les Joey Tardif, Roger Michael (voté l'acteur le plus laid, toutes générations confondues-dues-dues) et Jano Bergeron (si si)?

Le monde télévisuel est trop injuste.

7 août 2007

Soyez vous, confortablement

13 h 18. Dix-huit minutes de retard. Et c'est moi qui paie en plus. Je vais me le faire renoter, question d'ajouter à la culpabilité ambiante.

- Bonjour. Heureux de vous voir. Un peu d'eau avant que l'on débute? Ou peut-être êtes-vous déjà hydraté, avec ces 18 minutes de retard à notre horaire.

Bingo!

- C'est dommage pour vous. Vous vous soustrayez à 18 minutes de thérapie, vous en êtes conscient?

Han han.

- Pas d'eau? D'accord débutons. Nous en étions à...

- À rien du tout, j'avais tout inventé du début. Reprenons.

- Très bien. L'important est que vous vous sentiez bien ici, en sécurité.

- Je suis chez un psy hein, si je me sentais bien en sécurité, je serais dans le métro, ou alors bien calé dans un siège en train de travailler. Si je me sentais bien et en sécurité, vous seriez au chômage non?

- Pas nécessairement. Vous savez, la psychologie est une science versatile qui nous permet d'extrapoler sur...

- Vous désirez un diagnostic sur ça?

- Bon. Parlez-moi de vous.

- Inutile. Nous rêvons, je pourrais vous sauter au visage à bord d'une musaraigne géante et vous désorbiter les yeux le temps de crier «tue ce drum, Pierre Bouchard». Vous voyez?

- Je veux bien voir ce que vous voulez voir, Gaspard.

- Calvaire! Vous voulez pas voir ce que j'ai vu, vous supporteriez pas.

- Quelle supposition simpliste.

Je l'aime pas ce rêve là. Pourquoi Charlotte me fait ça? La dernière chose dont je me souviens, c'est les bleus. Je dois casser le rêve, je dois revenir.

Coup d'coeur

Je me lâche lousse, deux posts dans la même nuitée.
Merci à mon très cher ami Zourigne, qui m'a partagé le lien de ce blogueur ma foi délicieux: Le jour des vidanges.

Comment ne pas éprouver un profond coup de foudre pour ce qu'il a fait des Têtes à claques et de Richard Martineau, entres autres.

Ai-je assez remercié mon urologue?

Non contente de m'astreidre à la lourde tâche de lui ouvrir un compte bancaire - déjà! et avec TELLEMENT plus d'argent que moi dans son compte que c'en est presque humiliant - mon héritière légale s'est amusée aujourd'hui à me rappeler que les candides mots d'esprit de papa n'ont plus leur place dans l'univers machiavélique, sale et baveux que nous lui avons forgé comme attitude face à cette vie qui se veut machiavélique, sale et... bon vous aurez compris hein, on sera pas là jusqu'à Noël.

Bref, le père exemplaire amène sa jeune protégée à la baignade, mais bon je ne me rappelle pas de la location exacte de l'entrée. Ils la changent tout le temps de toute façon, c'est comme les sens uniques et les pancartes de stationnement. Bref.

Un beau jeune homme ferme mais délicat nous précède sur le trottoir, son cou armé d'une serviette. Ma vieille âme de guerrier (vos yeules, vous savez qui vous êtes), ma vieille âme donc me dit : voilà ta parade champion.

- L'entrée est où, père?

- Suivons ce jeune homme, il a une serviette autour du cou. Tu sais c'est un truc, quand tu veux aller te baigner et tu sais pas où aller, un type avec une serviette autour du cou c'est toujours l'option numéro un. Tout va bien aller, suis moi, sois en confiance.

- Oui mais, s'il a seulement une serviette autour du cou parce qu'il fait de l'exercice, on fait quoi?

- Tu veux manger quoi pour dîner après la baignade?

____

Bon là vous avez seulement une petite impression de la chose. On recommence, mais avec les bons tons de voix et l'attitude corporelle générale, qui seront ici joués avec beaucoup de plaisir par les mademoiselles parenthèses. On y va.

- L'entrée est où ? (Je ne sais pas pourquoi je te demande, tu te perdrais sur un pont, tu l'as déjà fait anyway).

- Suivons ce jeune homme, il a une serviette autour du cou. Tu sais c'est un truc, quand tu veux aller te baigner et tu sais pas où aller, un type avec une serviette autour du cou c'est toujours l'option numéro un. Tout va bien aller, suis moi, sois en confiance. (J'adore rassurer ma progéniture. Quel sentiment d'accomplissement. Être vraiment rapace, je pourrais même lui vendre de l'assurance drette là. Qu'est-ce que je suis merveilleux quand même, et quel sens de l'observation aiguisé j'ai! Ce gars est un don du Ciel!)

- Oui mais, s'il a seulement une serviette autour du cou parce qu'il fait de l'exercice, on fait quoi? (Parce que tu ne saurais pas différencier une porte d'entrée de piscine publique d'un cabinet de dentistes, et anyway tu vas gâcher mon mariage, je te l'ai déjà dit, moi qui est presque une FEMME, pourquoi suis-je ici. Je gagerais bien la moitié de mes amants en devenir que je vais avoir plus d'argent que toi dans mon compte. Tsé.)

- Tu veux manger quoi pour dîner après la baignade? (Ok il mise vraiment tout sur le gars avec la serviette autour du cou. Misère. Une chance que j'ai mes 12 meilleures amies pour me supporter dans tout ça. 16 ans, c'est quand déjà?).

5 août 2007

Séparés à la naissance

On appelle ça une leçon de charisme.

Ne me remerciez pas.

3 août 2007

Tiens oui, j'te télé-pho-ne

J'étais en train de jeter l'enfant avec l'eau du bain et la monnaie du beurre que mon huitième sens - la pilosité - se dressa sur moi comme Alpha Boucher sur un plat de lentilles.

(J'ai comme moins envie de souper soudainement).

Bref, j'en jetais et ce dressage m'indiquait clairement qu'il se passait quelque chose dans la Matrice. Ou la Matrix. Je vérifie, je ne possède qu'une vulgaire Corolla '95 aux couleurs chatoyantes d'automne - surtout au dessus des roues. C'était donc un appel du monde virtuel.

Ouvre mon boui boui, qu'est-ce que je ne vois pas? Une correspondance intra-bloguienne qui m'est destinée, courtoisie d'un être en rose et morve

Je vous laisse lire sa prose, je vais touiller ma chaudronnée de caleçon Calvin Klein un point trop petit (le secret pour une apparence professionnelle).

Terminé? Moi aussi, il était grand temps, ça commençait à coller.

Eh bien ma réponse maintenant:

«Ma foi, que voilà une entreprise noble et digne d'intérêt. Je ne peux que lever bien haut mon glaive et - non non, celui en acier - qu'est-ce que je disais? Ah oui, lever bien haut en portant un toast et deux oeufs brouillés à votre démarche. Inutile de dire que je veux des photos et - oserais-je l'espérer? - la chance de tâter ledit gaminet.

Le capitaine a 42 ans, mais ne lui dites pas car il les fait.

Bien à vous.

Le fond de l'hère.

Mine de rien

Je l'ai vu le premier.

Le canari mort. Je l'avais même nommé. Gustave. Bon c'est pas si original mais c'est tout ce que j'avais dans le ventre ce jour-là.

Gustave est mort. Triste, oui, mais la mort de Gustave entraîne autre chose. La mort de l'endroit. Les gaz qui se répandent.

Faut sortir. Vite. Très vite. L'atmosphère s'empoisonne. Tous les gars se ruent sur l'ascenseur. Enfin, asceuseur, cette cage trop petite pour nous contenir nous tous. Faudra au moins quatre montées serrées - vraiment serrées - pour sortir tout le monde.

«Non allez-y, moi je tiens.»

Trois fois, la cage s'est remplie. Les gars attendaient, nerveux. Certains frôlant le délire . Sentaient plus leurs bras gauches, leurs genoux. Se plaignaient d'avoir passé une vie en vain à brouter la terre sous le pied du gazon.

Je les enviait, maladroitement. Ils fuyaient pour retourner vers quoi? La plupart s'étaient bâti une vie qui n'excluait pas la mine. Cette mine qu'ils quittaient maintenant, dans l'espoir d'y... revenir?

Pourquoi? Vraiment pourquoi?

Quand la cage est revenue, j'étais seul. J'avais réussi à faire passer tout le monde avant moi. «Je suis le plus vieux, allez-y.» M'ont tous pris au mot. Tous.

Même ceux qui n'étaient pas là me prirent au mot. Ceux pour qui je ne comptais plus. Ceux pour qui ma maigre pitance leur permettait de vivre un peu plus au soleil. Pas tellement, mais au moins parfois sous un soleil ardent, quand il ne se cachait pas, ce pauvre con, sous des couvertures nuageuses stériles.

La cage était devant moi. Ils étaient beaucoup trop haut pour que je les entende. Peut-être était-ce une bonne chose que je ne les entende pas. J'imaginais des «mais il est où le vieux?». Peut-être ne se posaient-ils pas la question. Sans doute que non, trop préoccupés à s'être sortis de là... jusqu'à la prochaine fois.

Il est au fond le vieux.

La cage s'est refermée. Son précieux bagage est remonté, ultimement, pour une dernière fois.

Ils étaient combien à saluer cet arrivage? Sais pas. J'imagine qu'ils ont été surpris. Une cage, unique. Avec un oiseau dedans, unique. Mort. Cet ailé qui, par manque d'air, aura sauvé tant de gens cette fois-ci.

Il m'aura sauvé aussi, en me laissant dans le sein de cette mine. D'ici, je ne troublerai plus personne. Je me demandais bien comment tout cela allait aboutir.

J'ai ma réponse. Un fond de cage est ma réponse. C'est pas triste. Bon, c'est pas SI triste. J'ai jamais rien contrôlé de ma sainte vie, je pourrai contrôler au moins cela. Ici, impossible de faire mal à qui que ce soit. Mais surtout, impossible d'avoir mal. On ne me mettra plus dans la face des trucs inaccessibles. Ou pire, des trucs dont je suis incapable.

Et je suis incapable de tant.

Les sirènes qui hurlent m'accompagnent, alors que de mon pas lent mais décidé, je m'enfonce plus avant dans un tunnel dont je faisais ma fierté.

Ma fierté gît à 2172 mètres sous le sol. C'est quand même un chiffre imposant. Essayez, vous verrez!

Non? Trop tard pour me dire que j'ai tort. Trop tard pour tout en fait, mais il était pas assez tôt pour tout ça!

Si c'était pas de cette nausée, l'instant serait quand même intéressant.

Si c'était pas de cette nausée.

Si c'était pas de c....

Si c'ét....

1 août 2007

Philémonpédia: truc scout #117

Philémonpédia: parce que savoir, c'est fort!

COMMENT SAVOIR QUEL JOUR ON EST SANS MONTRE ET SANS SOLEIL

Bien entendu, avant qu'un célèbre horloger suisse un peu primesautier n'invente la montre (quelque part entre la fin du XVIIIe siècle et bien avant), l'homme n'avait que peu d
e recours pour trouver l'heure juste. Encore moins, vous en conviendrez, le jour juste. Car à chaque jour suffit sa peine, vous en conviendrez, mais les jours sans peine on fait quoi? Hum? Là-bas derrière, on fait quoi?

Eh bien, Philémonpédia n'est pas en reste - ou si peu - et vous dévoile sans plus attendre ze secret pour connaître à coup sûr l'identité de la journée en cours.

Vous êtes prêts? Tout le monde a son compagnon de voyage? On y va.

Les exemples sont tirés au HASARD hein, inspirés ô combien vaguement (très) d'une expérience récemment vécue par la soeur du propriétaire fondateur du Fond de l'hère. Allons y donc. Votre voiture est stationnée sur ce bord de rue? On est automatiquement lundi. (encore plus fort, il est 12:09) .


Prenons un autre exemple, tiré du même hasard, de la même soeur et pour la même crisse de voit... de la même soeur. Semaine faste, c'est la fête, la félicité et vous vous dites «tiens, faisons bombance, demandons nous de nouveau quel jour sommes-nous ». Si votre voiture est garée (soyons fous) sur un autre bord de rue, on est automatiquement mercredi. Pour preuve, la photo. Notez qu'en plus, vous serez éberlués d'apprendre qu'il est même 12:33. C'est pas fantastique ça? Pas tellement, vous en conviendrez.


La semaine prochaine, nous verrons les 112 recours que possède la Ville de Montréal pour donner un ticket à une voiture enterrée. Voilà.

Souffleurs, vos papiers!

Le rideau, déjà! Hier soir me semble si... hier soir. C'est du délire que le temps passe si rapidement. C'est n'importe quoi, au demeurant.

«Ok la gang, on se replace, j'ai vu des choses hier soir, j'ai vu des choses. Toi Mathilde, ton texte arrivait trop lentement, on travaille ça pour ce soir ma belle hein, ça va entrer.»

Ça va entrer, mon cul oui. Sa belle Mathilde, j'aurais pu écorner les boeufs en lui criant à tue-tête son texte, elle l'aurait pas entré avec l'acier froid d'un semi-automatique collé sur la tempe. Mais bon, le metteur en scène - le metteur quoi - semblait apprécier Mathilde pour plus que sa cuisine. Faut pas lui en vouloir, ce pauvre con. Il a tellement rien pour lui. Je la plains, ELLE.

«Vas y bébé, joue moi ça, le souff est là pour t'aider.»

Bin oui je suis là pour l'aider. Je pourrais faire les meilleurs circuits d'Europe moi, je pourrais tout faire, avec ma mémoire d'éléphant, mon sens inopiné du drame, ma manière de me déplacer, mon charisme à se jeter par terre. Bon enfin, c'est ce que maman me dit. Je jette par terre, vous savez, dans mes temps libres, pendant que j'y force pas trop, oh! Faudrait pas, vous imaginez!

- «Vas y bébé!» - Un soir, t'en souvient-su? Nous voguions en sil....
- «T'en souvient-il, t'en souvient-il qu'il a écrit Lamartine, chose»

- Ah ah ah, cassée! Je m'en rappelle jamais trop. Je suis trop artiste je crois, hein!

- Ouais bin c'est t'en souvient-il, c'est comme ça c'est écrit comme ça, alors on y va pour s'en souvient-t-il 'bébé' yabon?

- Ah, pourquoi on peut pu adapter à notre réalité du jour maintenant? S'en souvient pu, c'est bon ça aussi non?

Je me rappelle petit, jeune marmot, fallait tout faire comme c'était fait avant. On récitait, "point blank", sans poser de questions. Le métier était fait de ça, ramener au plus simple. Ramener rien à rien. Mon espèce est en voie d'extinction. On souffle à qui, mais à qui? On souffle quoi, à des adeptes de l'improvisation? L'improvisation! La mort du souffleur de métier, comme moi. L'idée libre, folle, qui se détend jusqu'à plus soif.

Ah le monde est abject. Le monde est injuste. Moi qui toutes ces années a étudé les grands textes, les échanges grandiloquents. Moi qui a mis mots en bouche à toute une pléiade d'acteurs, de soi-disant disciples de la langue, j'en suis rendu à ceci, produire pour le plus simpliste metteur en scène matière à...

- «Bon, on reprend à un soir, allez action, on la fait avec le feeling.»

Misère.

- «Misère, un soir t'en...»

- Non non, c'est pas ça, c'est pas.... ah fuck it, j'aurais dû devenir dermatologue comme maman voulait.