31 mai 2007

Votre appel est important pour nous

Il y a parfois des gens en état d'ébriété avancé qui me disent «pourquoi t'écris pas un roman, un scénario de film, un mode d'emploi de tube de dentifrice, quelque chose. » Et je me dis bah, p'tête bien qu'oui, p'tête bin qu'non.

Et dans mes semaines qui allongent je lis à droite, à gauche, au centre et souvent en dessous et je me dis, gonflé à bloc «allez je me lance, à moi les Goncourt, Pullitzer et Prix du public des Sécrétions Indigestes».

Et parfois au détour d'une route, un camion m'attend et toc!, je repousse parce que je me dis que bon, j'ai peut être rien à dire mais surtout pas ce qu'il faut pour le dire correctement. Pas maintenant en tout cas. Enfin, le camion rencontré c'est ce texte-ci, et je ne peux pas me battre contre ça, l'adversaire est trop fort. Prenez le temps de le lire là, pas entre deux visionnement sur Youtube, bordel!

Je vais reprendre mon souffle et je me lancerai dans la course au Goncourt un autre jour. Miss Zerotom est rendue trop loin. Je vais mettre du sucre dans son essence tient, ça va la ralentir :-)

P.S. Je n'ai pas autorisé les commentaires pour ce billet car c'est elle qui les mérite, alors vous savez où aller maintenant.

29 mai 2007

Edvard Munch et moi

Ce soir, je vais installer Windows XP chez mes parents adorés.

Ce qui signifie que je vais avoir droit à tout un lot de questions «techniques» qui vont toutes commencer par «oui mais» et qui se termineront invariablement par «maudit que tu expliques mal».

Tout de suite je pense à cette oeuvre.



Ce qui prouve une chose : E. Munch a déjà installé Windows XP chez ses parents.

16 mai 2007

Philémon and Cigarettes

Vous connaissez peut-être Coffee and Cigarettes, de Jim Jarmusch? Voici notre hommage, façon Star Wars. Mais c'est p-a-r-e-i-l. Essayez de me trouver dans ce vidéo. Indice : je ne suis pas Darth Vader , campé ici par un acteur professionnel, mon ami Patrisme. Appréciez aussi les élégants jeux de caméra d'Antoine Kurosawa, réalisateur extraordinaire.

Par ici la Croisette.

14 mai 2007

Philémonpédia: créez votre propre guerre de Sécession

Philémonpédia: parce que savoir, c'est fort!
GUERRE DE SÉCESSION

Suite à la grande popularité de notre dernier projet «faites-vous en donc un dans le confort de votre foyer», la section ludique de Philémonpédia - l'ami des jeunes - vous invite maintenant à revivre chez vous, paisiblement et en toute quiétude, un épisode bouleversant de l'histoire américaine : La guerre de Sécession.

Un peu d'histoire

La guerre de Sécession divisa l'Amérique de 1861 à 1865. Il y avait les gris et les pas-gris. Bon pour tout savoir sur cet intéressant onglet historique, allez chez Renaud-Bray, appelez un ami historien ou bien louez la saison 3 de Sex and the City. Allez on a pas que ça à faire, sécessionnons.

Premièrement, qui dit guerre de Sécession dit... Oui voilà, dit grand terrain pour tenir une belle bataille digne de ce nom. Un terrain, hop.


De mauvaises langues diront «Oui mais... c'est pas les plaines d'Abraham ça au juste?». Peut-être oui, mais qui dit que la guerre de Sécession ne s'est pas déroulée ÉGALEMENT dans les plaines d'Abraham? Hein? Hein? Mais par soucis de bonne conscience, américanisons à l'instant ce fantastique territoire de bataille.


Voilà, j'en ai les larmes aux yeux tellement on s'y croirait. Pour peu on entendrait les cris des hommes et les vociférations des canons.

Bon assez de poésie. Qui dit bataille dit bataillons. Ça nous prend un bataillon de gris, et un bataillon de pas-gris. Comme les sources historiques sont peu fiables, nous aurons les sudites en gris et les nordiques en nordiques. Et le tout, comme à l'habitude, fait de manière habile de boulettes de papier. Ce qui donne ce résultat ahurissant.

La baïonnette étant une arme d'une grande complexité, n'hésitez pas à y mettre le temps nécessaire pour lui rendre justice dans tous ses détails.


On sent qu'on arrive à quelque chose. Ne reste plus qu'à placer nos bataillons, ainsi qu'un symbole fort de la lutte contre l'esclavagisme au centre de notre pièce, un rappel douloureux des tourments de l'humanité.

Parlez-moi d'un exposé vivant et clair. Vous pouvez imprimer ce brillant travail de vulgarisation et le soumettre à tous vos cours d'histoire.

11 mai 2007

Tiens toi au pinceau, je retire l'échelle

Bon ok, j'essaie des trucs, faites moi pas une syncope je sais que le look est à chier.

Pour vous remercier de votre patience le temps que je trouve le fond de teint qui convient à mes dedans de tiroirs, je vous laisse - en prime - cette photo de Ricardo Montalban.

Fermez la lumière avant de sortir, il fait froid.

Merci

xxx

Edit 14 mai 2007:

Voilà, ça va ressembler à ça pour un boutte. Inch Allah!

9 mai 2007

Chronique de l'ascenseur: jour 8620... toujours

C'est quoi les Chroniques de l'ascenseur ?

Pour voir toutes les Chroniques, on va ici.

Les citations véridiques sont indiquées en gras pour l'instant.
______

Tuez-le! Tuez-le!

Ce sont les dernières paroles que j'ai entendues avant de m'évanouir. Enfin j'imagine que je me suis évanoui sinon comment expliquer ce laps de temps incalculable entre ces mots de réconfort hurlés avec la sollicitude d'une hyène assoifée, et mon réveil dans cette mare de sang et ce demi-poumon qui sont miens.

J'éprouve beaucoup de difficulté à reprendre mon souffle. Il y a de la fumée partout, mes oreilles résonnent toujours des coups de feu que j'ai cru entendre plus tôt. Si je me fie aux trous de balles dans mon corps, je crois que j'avais bien entendu. Dur de respirer, dur, mon poumon me fait très mal. En fait, c'est comme s'il était engourdi. Drôle de sensation.

Ah, il y a aussi le détail qu'il y a un soldat allemand amoureusement couché sur moi, avec un long manche qui lui sort du dos. C'est peut-être pour ça que je rushe un peu. P't'être.

Mais qu'est-ce qui s'est passé ici? C'est à peine éclairé et j 'entends des voix, des cris au loin, il fait noir. C'est quoi cet accent slave?

вилка! вилка! *

Attend il fait quoi ce con là, tu vas pas me passer ça à travers le corps moi auss....

Ouf, il a juste repris sa crisse de fourche. Vingt millions de paysans russes morts plus tard, et me voici à demi-conscient avec un cadavre sur le ventre. Et la porte qui me cogne sur les pieds. Ouais bin, un peu d'aide ça ne serait pas un luxe hein. Teuf teuf!

Ouais bin... il manque quoi à ce magnifique... teuf teuf! portrait maintenant.

- Ici, il est ici! Amenez-vous tous, il est ici on l'a trouvé!

- Chouette! Vite, faites vite!

Ah! Enfin! Quelqu'un pour moi ça va... teuf teuf! , ça va super bien aller maintenant.

- Schtroumpfez-vous nom d'une schtroumpfette, son schtroumpf est maculé de sang!

J'ai toussé un peu trop vite moi là... C'est quoi ces trucs là?

_____
* Ma fourche, ma fourche!

Pourquoi je suis content de travailler au centre-ville

Passeque y'a ça à côté.

L'effet «amnésie assumée» est instantané.


7 mai 2007

Philémonpédia: Bricolez votre propre «soldat romain»

Philémonpédia: parce que savoir, c'est fort!

SOLDAT ROMAIN

Chez Philémonpédia, nous ne nous attardons pas uniquement au côté didactique des choses, mais également à la chose ludique. Eh bien, ludons d
e ce pas ensemble, en créant à partir de rien du tout un flamboyant soldat romain, historiquement exact et dont la physionomie parfaite rappelle Rodin.

Pour ce faire, ça vous prend un morceau de papier savamment chiffoné:


Un poteau d'empalement pour rondelles de concombre :

En modelant adéquatement la boule de papier et en maquillant avec beaucoup de précision et de patience le poteau à rondelles, vous obtiendrez, devant votre oeil ébahi ce superbe soldat romain, dont le réalisme est ren-ver-sant!

Juxtaposé avec un véritable soldat romain, c’est à s’y méprendre:




Ascenseurs, debout!

Vous pensiez que pour mes Chroniques, j'inventais tout, en lichant à l'occasion un crapeau venimeux pour l'inspiration?

Pas du tout, je ne fais que rapporter des trucs qui existent vraiment. Vous en voulez une preuve béton? Cette nouvelle, tirée de l'Associated Press. Ça ne s'invente pas ça...


Un ascenseur capture les voyous qui le vandalisaient...
7 mai 2007

OSLO - Deux jeunes voyous norvégiens avaient oublié un détail plein d'importance lorsqu'ils ont commencé à tout casser dans l'ascenseur d'une gare: ils se trouvaient à l'intérieur.

Et l'appareil de la gare de Lillestrom, au nord d'Oslo, semblait du genre vengeur. Ses portes se sont bloquées et les deux voyous sont restés coincés à l'intérieur jusqu'à l'arrivée de la police.

«Le vandalisme est toujours triste, mais beaucoup de personnes s'amusent» de cet incident, qui a été révélé lundi dans les médias norvégiens, a réagi Ellen Svendsvoll, de la société nationale de chemin de fer. «Ils ont eu ce qu'ils méritaient».

Les deux vandales, âgés d'une vingtaine d'années, sont entrés dans l'ascenseur le 21 avril et ont attendu que les portes se referment. Ils ont ensuite commencé à les frapper, a-t-elle expliqué. Mais ils y ont mis tant d'ardeur qu'elles se sont bloquées. L'ascenseur s'est arrêté et une alarme a été envoyée aux vigiles.

Les pompiers ont libéré les deux suspects, alors que la police les attendait dehors. «C'est ce qui s'appelle être pris sur le fait», a souligné Ellen Svendsvoll. Une caméra de vidéo-surveillance avait enregistré leurs moindres faits et gestes.

6 mai 2007

Éboueurs, debout!

Ce soir, Monsieur Glad a été très surpris de me voir lui enfoncer un paquet de cigarettes pas tout à fait consommé (y'en restait une), et un cendrier, dans la gorge. Le briquet aurait suivi, mais je me suis dit que ce serait pratique de le garder, question de pouvoir allumer une chandelle ou bien de commencer ma carrière de pyromane notoire, que je caresse depuis l'enfance. La carrière, pas le pyromane.

Le plaisir dans tout ça, au-delà des sautes d'humeurs qui m'attendent cette semaine, est que je pourrai me servir de cette excuse faiblârde pour expliquer mon caractère de cul.

Les poubelles, c'est juste mardi. Aurai-je la force de résister à l'envie de plonger mes mains moites et glabres dans trois restants de repas pour y recueillir mes avoirs sauvagement abandonnés? La question se pose.

Tout va bien. Ça fait 10 minutes, et je ne tremble pas du tout. Je suis vraiment zen. Plus zen que ça, j'irais vendre des balayeuses dans un bunker de Hells Angels. Bin quoi, il ont droit à l'hygiène eux aussi. Ah, vous ne connaissez rien au crime organisé. Ils sont full patch, on se rappelle. Full patch. Patch. Hum.... tiens, si je fumais une patch ?

Là, pourquoi mes oiseaux me regardent comme ça hein? Aille les poulets, on regarde ailleurs. VOUS VOULEZ MA PHOTO?

Mais non, je suis TRÈS CALME. Je vais aller décaper mon dedans de frigidaire, ça prouvera mon calme à la face du monde.

Prochaine étape de mon sevrage: abandonner mon habitude du jeudi soir de lancer un nain huilé sur les rails de la station de métro Namur (direction Henri-Bourassa). Mais ce ne sera pas facile. Je veux bien faire l'effort d'arrêter, mais une patch de nain, c'est pas facile de se poser ça sur l'avant-bras. Et c'est que ça pique atrocement en plus. Les petits salauds. Pourquoi on est pas jeudi?

4 mai 2007

L'accouchement difficile d'un cheveu gris

Par pudeur, je n'ai aucune intention de parler dans ce blogue de mon héritière légale. Mon spermatozoïde marathonien préféré, celui qui a gagné la course.

Mais je ferai exception cette fois-ci. C'est pas tous les jours qu'on prend 10 ans d'âge d'un coup.

Pharmescroc Jean-Coutu, il est 18h. On attend patiemment en ligne à la caisse. Elle tapote des petites boîtes colorées. Sa voix - comme la mienne - porte.

- Papa, c'est quoi ces petites boîtes?

- Bin euh... je te le dirai tantôt chérie, chuchotte-je.

Son esprit s'allume, elle a compris!

- Oh!

Elle chuchotte à son tour.

- Hihihi, des condoms.

Bon. Ouf! J'aurai pas à expliquer ça. Quel gros mot qu'elle vient de me dire, des condoms. J'ai presque le goût d'acheter un DVD des Teletubbies. On était bien dans ce temps là, on parlait pas de contraceptifs.

Voilà, que je me dis. On en a suffisamment parlé, incident clos. C'est notre tour à la caisse. Ding ding, ça fera 8,95 $ Monsieur. C'est bin cher des osties de pastilles pour le mal de gorge, et des rouleaux de papier cul.

Trois pieds en dessous de moi, une voix tonne.

- Mais Papa, pourquoi il y a des SAVEURS ?

C'était à peine hier, je la berçais pour l'endormir. Ça faisait au moins 7 heures qu'elle pleurait solide. (NDLR: les heures de pleurs d'un bébé d'un an sont comptées en âge canin, on multiplie par sept. C'est une règle, c'est comme ça.)

Donc, hier je la berçais encore pour l'endormir. J'avais réussi hein, elle dormait les poings fermés. Et la bouche fermée. Surtout la bouche. Pour me féliciter de mon exploit, en la couchant, j'ai mal calculé mon angle d'arrivée dans la bassinnette et je lui ai fracassé le crâne sur sa tête de lit. Bravo champion. Neuf ans plus tard, je considère encore que c'est le lit qui a bougé. Pour la petite histoire, elle ne s'est même pas réveillée. Mon coeur, par contre, a recommencer à battre lundi dernier.

Et là maintenant, cette petite boule autrefois chauve me lance :

- Mais Papa, pourquoi il y a des SAVEURS ?

Saveurs en majuscules hein, parce que l'emphase était mis sur ce mot. Avec sa voix qui ne porte pas, on se rappelle. Mais j'ai été stoïque, franc et droit. J'ai répondu ce que tout parent aurait normalement répondu.

- (chuchotte) On va en parler dehors.

Je réponds quoi à ça? Je repasse toutes ces recettes de Ricardo et non, pas une seule mention de condoms à saveur. diStasio non plus. Merde. Je dois trouver une parade, vite!

Je pourrais lui acheter un cheval, drette là, pour changer le sujet. Ya pas de boutique chevaline sur Jarry. (note à moi-même: proposer l'établissement d'une boutique chevaline sur Jarry).

On sort, on marche un peu.

- Donc, héritière, pour ta question de saveurs, je crois que...

- Ok je pense savoir.

Elle pense savoir. Merci cour d'école. Pourquoi on ne lui a pas donné des cours privés à la maison dans le but de l'emmurer à ses 20 ans, je me pose tous les jours la question.

Mais bon. L'affaire est résolue, on va pouvoir parler du souper, ou du film qu'on veut aller louer. Dieu merci, elle a trouvé toutes les réponses toute seule comme une grande.

Et le commentaire qui tue...

- Mais... maman et toi, vous avez JAMAIS fait ça hein?

...

3 mars 2007. Ma fille nous perçoit enfin comme je perçois mes parents. Un couple asexué qu'on ose même pas imaginer sans leurs chaussettes. Ouashe. Mais là elle parle de nous, elle parle de NOUS.

Ce n'est pas vrai que les cheveux n'ont aucune sensation. On peut les sentir grisonner. Je vous jure. Je le sais maintenant. Et vous êtes toujours surpris que je lui interdise de fréquenter des garçons avant qu'elle ait 30 ans?

Pervers!

Je vous laisse, j'ai un cheveu à teindre.

1 mai 2007

Philémonpédia: le mot «Lobotomiser»

Philémonpédia: parce que savoir, c'est fort!

LOBOTOMISER

Ce terme issu de la fusion des locutions latines lobo (cerveau) et tomis (euthanasier violemment), a fait son apparition dans la littérature professionnelle des cols blancs vers la fin des années 1960. Cette période coïncide également avec la disparition des derniers grands orateurs.

Employé fréquemment dans les bureaux modernes, le terme signifie, dans sa déclinaison de base : « présenter beaucoup trop d’acétates lors d’une réunion officielle d’employés.»

Exemple : J’ai fait valoir clairement mon point de vue en lobotomisant tout le 7e étage de la tour Ouest cet après-midi. La leçon a porté fruits, si je me fie aux sourires béats et à l’écume dans les coins de bouche des participants.

Le mot peut également être employé pour désigner une surabondance d’utilisation d’un terme anglais. « Il nous a lobotomisé son work in progress tout l’après-midi», en est un exemple probant.

Malheureusement, on ne peut mourir d’une lobotomie. Les effets s’étendent sur quelques semaines et peuvent mener à la dépression, la perte d’estime de soi, l’aphasie ou le coma éthylique.


Synonymes du mot : Mission, objectif, leader