30 janvier 2008

Quand on relativise les choses

Ça fait des années pourtant qu'on a cette habitude, le samedi matin, de partir pour la leçon de piano. Plus maman que moi, je suis inefficace la fin de semaine avant midi. De mauvaises langues diront que je suis inefficace, point à la ligne. Tous des jaloux.

Mais bon, c'est ancré dans les habitudes depuis si longtemps, personne n'en a jamais fait un plat. Et là, hop! changement d'horaire pour une semaine, la leçon aura lieu un mercredi soir au lieu d'un paisible samedi matin. C'est loin de chez nous, dans l'Est. Ça se fait bien, mais c'est loin. On s'en fout.

- Merci de m'avoir accompagnée ce soir.

- Bin, ça me fait plaisir, tsé.

- Non mais merci. C'est quand même deux heures trente de la soirée pour un trente minutes de cours. Je voulais juste dire merci.

- (silence). Bin voyons, c'est rien du tout.

C'est vrai que c'est rien du tout. Ni pour moi ce soir, ni pour maman tous les autres samedis. Depuis quand le pris pour acquis devient une longue suite de remerciements? Ça vient avec la job chose, t'as pas à nous remercier. Un petit merci, d'accord, «elle est donc bien élevée cette enfant-là». Mais calculer le temps? Donner un poids aux minutes qu'on passe avec toi? Une carte poinçonnée avec ça?

Tu nous jures que tu vas mal vieillir à compter de MAINTENANT ok?

Et pour ta gouverne, les garçons, c'est toujours NON! Compris? Quoi qu'en dise ta mère!

Le côlon du colon

Parce que les gens ont DROIT de savoir, cette perle journalistique...

Dans la série «Dis moi ce que tu manges, et je te dirai qui tu es.»




Vivement les articles de demain. Daniel Renaud saura nous éclairer sur la nature des selles de Vincent. Partons un pool! Moi je vote pour un petit caca nerveux. Et vous?

25 janvier 2008

En as-tu d'autres des idées comme ça, mon grand?

Dans ce monde en constante mouvance où l'Homme moderne cumule les titres, le très narrable Michel Brûlé - si si, l'éditeur des Intouchables (et on peut les comprendre) - se lance dans la chanson.



À l'écouter, on trouve dommage qu'il ne se soit pas lancé dans la pâtisserie, le mutisme ou en bas d'un pont. Faites attention, les médicaments pour contrer ce genre de malaise n'ont pas été approuvés par Santé Canada.

24 janvier 2008

La grande classe...

Le coeur sur la main, l'autre dans votre portefeuille.



Merci Jean-Baptiste pour l'info.

23 janvier 2008

R.I.P...

Ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers.



Tabula rasa

Demain matin, mercredi, on fait tabula rasa. Je vous explique pas, ça ne regarde que moi. J'en fait mention ici comme ça on pourra me le remettre sur le nez si je ne rasa pas pour vrai.

Ne passez pas go, ne réclamez pas 200.


Et parce que je suis comme ça, tant qu'à m'attendre, allez donc voir mon copain qui publie.

21 janvier 2008

Will I dream?

Deux liens Youtube de suite sur ce blogue, d'accord je plaide coupable.

Mea Culpa. Je viens de découvrir Biosphere. Un groupe complet, composé d'un seul norvégien, qui devrait occuper mon univers auditif pour les mois à venir.

Merci Antoine, pour la découverte de cet artiste nordique, au bas mot (consultez sa discographie, vous comprendrez).

18 janvier 2008

L'Empire contre-attaque... euh non.

Eddie Izzard, un humoriste britannique absolument délicieux. Des critiques voilées, mais totalement jouissives sur la langue, l'Europe, l'hypocrisie générale, et une touche de revisites historiques. Dans cet extrait: les empires, avec un «s» je vous prie.

Ze citation, pardonnez mon flamand: «Other mass murderers got away with it (...) And the reason we let them get away with it is because they kill their own people.» Drôle? Non. Un direct dans la face? Je vous laisse juger. Ce type est tout simplement brillant.

15 janvier 2008

Like a Rolling Stone

Philémon est un jeune homme très content. À défaut d'être glabre, il est très content. Mais son bonheur est assombri. Car tous ses collègues, qui le dévisagent de manière inconsidérée, lui balancent la même platitude:

«Aille, tu ressembles à Robert Charlebois, wouaf wouaf wouaf!»

Philémon n'est pas triste, mais a souvent entendu le chien aboyer alors que la caravane passait. Mélancolique, il se tourne vers son ami Pierre, celui avec la grosse Hyundai couleur marron.

- Viens avec moi Philémon!

Que Pierre lui dit, son mal à l'âme se déversant sur ses joues.

- Viens avec moi, on part on the road again, sur le nowhere total!

Voilà qui fait plaisir à Philémon. Quitter cette vie de ressemblance pour aller se refaire un avenir à Pointe-Calumet ou - soyons audacieux - en Ontario.

Sur la route, l'autoroute chose là dont j'oublie le chiffre, ils croisent Claudine Monfette - Mouffe - qui comme eux tente de fuir son passé. Mais Pierre, froid de coeur mais chaud d'esprit, n'arrête pas. Nenni, pouce ailleurs chose!

Nos deux protagonistes, marqués à vie par cette non-rencontre, termineront leur errance dans le Red Light de Vancouver, guidés par une envie irréductible d'aller plus loin vers l'ouest, et de bénéficier d'un prix agréable sur l'alcool de riz.

MORALITÉ:

Pierre qui roule ne ramasse pas Mouffe.

14 janvier 2008

Tue ce drum, Pierre Bouchard*

L'idée: 100 personnes, âgées de 12 mois à 100 ans, frappent le tambour. Ça semble bébête, mais je trouve la démarche assez intéressante. Je connais un département complet de sociologie qui nous étudierait ça pour pas cher.



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* merci à Gros Méné pour l'emprunt

12 janvier 2008

La chronique du calembour douteux

L'ami Lacruche est bien seul.

Abandonné par ses parents et amis, mais armé d'une Mastercard flambant neuve, avec hologrammes de riches banquiers dessus, il se tourne vers son dernier espoir: les lignes de rencontre téléphoniques.

Mais Lacruche, un être esseulé, est également profondément gêné et modeste de sa personne. Le seul son qu'il parvient à éructer auprès de son triste sans-fil noir, sombre comme une pleureuse italienne, est un triste Allô. Triste dans sa résonnance, triste dans son tracé sonore.

Mardi soir, il prend son courage à huit mains et appelle. Mireille est au bout du fil.

-Salut!

- Allô!

- C'est ta première fois ici?

- Allô!

- Oui je sais, mais... qu'est-ce qui t'amène ici?

- Allô.

Mireille raccrocha prestement. L'histoire dit que plus tard dans cette sombre soirée, elle trouva Rodrigue et fonda avec lui une famille dysfonctionnelle comptant quatre enfants, tous emprisonnés depuis. Mais l'ami Lacruche eut le coeur brisé, en 120 morceaux qu'il fut impossible de recoller.

MORALITÉ:
Tant va Lacruche, Allô!, qu'à la fin il se brise.

10 janvier 2008

La fierté internationale, ça n'a pas de prix. Pour le reste...


Lu sur le fil de presse, 9h42:

JEUX DE PÉKIN:
LA FLAMME OLYMPIQUE PASSERA SUR LA PLACE TIANANMEN


PEKIN _ Le relais de la flamme olympique passera sur la place Tiananmen à la veille de l'ouverture des Jeux de Pékin.

Dans une interview relayée par la télévision chinoise, Xiang Gongmin, le directeur du bureau de la culture de Pékin, a confirmé que la torche arrivera sur la place Tiananmen et qu'il y aura 100 000 personnes pour l'accueillir.

Tiananmen est devenue célèbre en 1989 lors de la répression par le gouvernement chinois des protestations en faveur de la démocratie.

(...)

Il a fallu dessiner une torche spéciale pour supporter le froid et le manque d'oxygène.
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Ma question: et nous, on se fait dessiner quoi pour supporter l'ironie, la mémoire effacée, le scandale de ces Jeux et accessoirement le manque d'oxygène?


4 janvier 2008

La femme, une créature cruelle? Bin quin!

On a eu la preuve par huit cette semaine: la femme ne devient pas bitch et cruelle, elle est née ainsi. Pour preuve, cette discussion survenue en pleine froidure du mois de janvier, alors que j'en étais rendu à perdre mon front aux griffes assassines de l'hiver. Ça se passe entre notre héritière légale et sa meilleure amie, que nous appelerons Hitler afin de protéger son identité.

Héritière légale:
Dans Sims 2 [on parle bien d'un jeu virtuel ici], il y a une fille que je n'aime pas vraiment. Je lui ai fait une coiffure horrible et elle a tellement pleuré. Ahahah!

Hitler :
Ahahah, c'est bon!

Et le PIRE, c'est que maman héritière était là et n'a pas soufflé un traître mot pour les rabrouer. Elle aussi souriait de satisfaction. J'ai eu droit à un énième «tu comprends rien». Évidemment.
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Sims 2! Elle prend la peine de monter un personnage de fille qu'elle N'AIME PAS pour la faire pleurer en la coiffant horriblement. Quand j'étais petit et non atteint d'obésité morbide comme maintenant - merci temps des Fêtes - on pleurait seulement quand on mangeait un G.I. Joe dans l'oeil ou une branche d'arbre dans la tempe, gracieuseté d'un petit cousin un peu excité.

Maintenant les FILLES peuvent créer des personnages honnis dès le départ, question de les torturer. C'est pour quand, Sims Guantanamo? On peut bin avoir été chassés du Paradis terrestre à cause de vous autres, pêcheresses. C'était quoi, vous avez mal peigné le serpent j'imagine?

Pffffff.

2 janvier 2008

2008

Et voici 2008. Rien de spécial, une simple transition. Comme passer du 25 au 26 juillet. Un petit 24 heures.

Tu te rappelles? Non hein?

Du 25 au 26 juillet 1996, ta maman et moi, on passait de «chum et blonde» à autre chose. On était toujours «chum et blonde», mais à trois. «Chum et blonde PLUS». On a inventé les Sims avant son temps.

2008. Le PLUS a 12 ans maintenant. Enfin presque, on s'en reparle le 26 juillet prochain, autour d'un gâteau que tu ne mangeras sans doute pas, toi qui n'aimes pas les gâteaux. On s'en reparlera autour d'ami(e)s que tu aimes, de présents que tu apprécieras peut-être.

En 2008, terminé l'école primaire, le terrain de jeux. C'est le début d'un nouveau terroir: les amis pour la vie, ta lente désertion du domicile familial, la première job mal payée, le premier chum. Ou blonde. Ou blond. Ah non, ne nous ramène pas un blond!

Meuh non, ramène ce que tu veux à la maison. Cette maison qui est tienne, que tu habites avec nous, mais tel un chat, on en vient à imaginer qu'on habite pas avec toi mais que tu habites avec nous. I live with my cat, comme dit le t-shirt. We live with our daughter, qu'on serait portés à dire maman et moi.

Le secondaire droit devant. Les chums, les questions, les choix. La dope peut-être. Les livres sans doute. Le pu-le-goût de sortir avec nous, de venir voir un film avec nous. On est trop vieux, trop cons. Comme mes parents qui, lorque j'avais 15 ans, je fuyais car ils étaient trop vieux, trops cons. Dépassés.

J'ai 37 ans. Ta mère aussi. Elle les porte mieux que moi. J'ai 37 ans. Demain midi, ton grand-père et moi on va voir un film, comme on fait à l'occasion. C'est lui qui paie demain, la dernière fois c'était moi. C'est notre jeu, un jeu de grands garçons cons, on s'amène au cinoche une fois de temps en temps.

Je m'ennuie tant de 2002, t'avais juste six ans et toutes ces inquiétudes n'existaient pas. Pourtant en 1995, tu n'existais pas encore. Si on avait à choisir, on te referait 100 fois, on te ramenerait 100 fois sur le métier, sans changer un iota. Mais amène nous au cinéma, tu veux bien?

Voudras-tu jouer avec nous le jeu des grands, de sortir ensemble? Peut-être. ou peut-être pas. Nous saurons être patients, on attendra. 2008, c'est le début d'autre chose pour toi et nous. Tu vieillis, mais moins que nous. Tu grandis, mais moins que nous. Tu deviens autonome, mais moins que nous.

Aucune hâte de te voir grandir. Mais on a hâte que tu offres le popcorn.

Bon 2008 ma grande, à ta maman et nos ami(e)s, cette famille élargie.