28 février 2008

Merci Alexandre Vigneault

Extrait d'une entrevue qu'il a accordée récemment dans un des papiers à fonds de cage de Quebecor. C'est délicieux.

«Il y a des sujets qui peuvent m’intéresser comme citoyen, et non comme créateur. Je peux être pour l’indépendance du Québec, mais n’avoir rien à dire artistiquement sur la question. Ça fait aussi partie du débat que les jeunes créateurs ont eu après s’être fait blaster par Victor-Lévy Beaulieu et Claude Jasmin. Mais alors quoi? Je vais m’inventer une cause? L’art doit être d’abord engagé envers lui-même. On fera nos propres armes, et on livrera nos combats.

Claude Jasmin déclarait alors que je n’écrivais pas comme mon père. Et mon père a répondu: «Heureusement, christ!» Il est né en 1928 sur la Côte-Nord, moi en 1970 à Montréal. Ce serait débile que j’écrive la même chose que lui, ce serait mortifère. Je trouve que les gens de cette génération (je les mets dans le même paquet puisqu’ils font de même avec nous) ont tendance à voir l’engagement d’une seule manière. La leur. Moi, je considère que ce qu’on fait, c’est engagé, mais pas de la même manière. Ce sont de nouvelles façons de composer avec le monde. J’aime penser qu’on fait du micro-engagement. Nos parents partaient des communes sur de belles idées, mais, après, ils s’haïssaient tous la face.»

25 février 2008

Mâle attaque

On se rend cet après-midi à l'ouverture du FIFEM, le Festival international du film pour enfants de Montréal. J'apprécie beaucoup cet événement, parce que c'est bien fait, ça ne vend rien d'autre que du cinéma, ça ne prend pas les enfants pour des demeurés et j'aime beaucoup l'énergie de sa directrice générale qui trippe comme une fillette de 12 ans.

Maman et moi, on a justement amené notre fillette de presque 12 ans aujourd'hui. Même si le film s'annonçait un peu d'un ennui mortel (la suite d'un film pays-bassèque un peu drabe qu'on a visionné l'an passé). Mais bon, on est fashion, on est posh, on y va.

La beauté de la chose du FIFEM, c'est qu'il y a un jury qui délibère des films présentés - comme dans tout bon festival régurgiterez-vous - mais à la nuance qu'il est composé d'enfants. Quelle excellente idée. Vraiment.

MAIS!

Deux jeunes membres du jury - des gars! - passent devant nous et commentent leur importante nomination. Grave erreur!, considérant que je suis avec deux filles qui ne demandent pas mieux que de ridiculiser l'HOMME, celui qui meure presque lorsqu'il est enrhumé (elles ne peuvent pas comprendre; mes lecteurs masculins sauront de quoi je parle).

Donc, les GARS passent devant nous et discutent. Le beau blond nous offre:

«Aille, on est TELLEMENT hot, on est sur le jury. On a du POUVOIR.»

Il n'en fallait pas plus pour que ma belle héritière crache son popecogne, se torde de rire, se tourne (évidemment) vers moi pour me réciter ad nauseam ce qu'elle vient d'entendre, et se tourne vers maman pour recevoir son doux regard approbateur.

-«Du pouvoir! AHAHAHA, c'est TELLEMENT une réaction de gars.»

Maman ne dit mot, mais consent en crisse. Ah c'est pas vrai, elle en a dit des mots, mais désagréables. Bref.

J'essaie de trouver une répartie qui pourrait les calmer, les ramener à la raison, mais alimentée par les regards approbateurs de maman, notre héritière est au max de sa condescendance envers la force masculine. Je le devine à sa joue qui rebondit, à son regard moqueur et - accessoirement - à la sortie d'égout qui lui sert de bouche.

J'aurais pu m'en sortir, vous saurez, n'eut été de nos jeunes amis qui ont repassé devant nous en vociférant quelque chose comme «C'est fort, je sais pas combien on est payé pour ça! Wooooo!». En fait, c'était pas quelque chose comme, c'était exactement ça.

Avant que je puisse placer un mot, fillette vomit son humour déplacé (qui vient de sa mère) dans son sac de maïs, se tord d'humour désagréable, et maman est vraiment satisfaite de me laisser savoir par regard direct que les HOMMES sont tous des petits Adolf en puissance. En insistant évidemment sur les «Ah, les gars! On rit pas de vous autres, on fait juste vous observer.» La belle jambe que cela me fait. La belle jambe.

J'ai vraiment hâte à quelque part cette semaine, quand Chose, du haut de son 3 pieds et demi, va réaliser que de pondre des «critiques» de films, son père fait aussi ça pour lui payer ses maudites poires asiatiques. «Oh le gros gars puissant. Es-tu bien payé pour ça? Ahahah, pisses-tu loin?».

J'en connais une qui va se les payer toute seule, ses cours d'équitation.

Je suis avec vous autres, les boys!!! Vous êtes hot. Mais de grâce, cibole, votez pas pour le film de cet après-midi...

21 février 2008

Parce que vous avez le droit de savoir...

On tue la une!


Il me semble que le sens de l'inusité se perd. Ce serait beaucoup plus intéressant si on montrait une femme en forme de bretzel, non?

18 février 2008

Alain Robbe-Grillet kicke le bucket

Ca va mal en 2008. Après le départ précipité d'Henri Salvador, et de notre perruche meurtrière à la maison (qui a bouleversé notre héritière comme en fait foi son commentaire «bon enfin, on va pouvoir en acheter une autre»), voilà que le monde de la reliure et des noms composés est en deuil. Et c'est sans parler de mon amie Mlanie, dont c'était l'auteur fétiche. Ou fétichiste, je mélange toujours les deux.

Ainsi donc, Alain Robbe-Grillet est décédé. Pionnier du roman paginé, il écrivait en point 10 sur des feuilles surlignées de marque «Station». Il aura collaboré avec de grands noms de la littérature, que vous imaginez bien. C'est d'ailleurs lui qui est derrière le célèbre film français Chose là, à Maribeau. Marivaux?". Enfin, LE film français qui n'est pas Les Bronzés.

Humaniste, polémiste, hédoniste et hypocondriaque, il aimait s'occuper à faire beaucoup de choses. Mourir fut l'une de celles-là.



Si ça peut vous donner une lueur d'espoir, sachez que la toujours sensuelle Irène Samson souffle (mais surtout crache sur) ses 106 bougies.

13 février 2008

La fois où j'ai perdu espoir en l'Humanité

Insignifiant, adjectif
Féminin ante.

Sens 1 Négligeable. Synonyme petit
Sens 2 Sans intérêt. Synonyme anonyme

C'est parce qu'on va aller encore plus bas que ça hein, vous vous rendez compte? Vous le sentez bien?


Ciao coco!

Faisait probablement trop gris aujourd'hui, il a pas tenu le coup. À partir de maintenant, ça va être un peu plus gris tous les jours et ce sera de sa faute.

Respect.


8 février 2008

Tu tutoies-tu ou tu crosses yink?

Mario Dumont a bien raison. Si on remplace le tutoiement par le vouvoiement dans les écoles, ça devrait régler tous les problèmes de discipline et de graves lacunes dans le milieu scolaire. Particulièrement chez cette internaute à moi, qui m'écrit à propos du beau Saw II:



Si elle avait vouvoyé son corps professoral, elle aurait su que créyable s'écrit avec un "g" muet.

À propos de cette ridicule histoire de tutoiement, je vous réfère à l'excellent billet de Parenteau dans le Voir. Le billet est excellent car il pense comme moi. Tsé.

6 février 2008

Jousons avec Philémon (3e partie)

Trouvez les cinq différences entre ces deux clichés pris dans des moments de rare intensité

Attention, c'est pas facile.




5 février 2008

Le bonheur à fleur de peau

Ouais bin, ils ont l'air contents hein? C'est simple, au sortir de ma vasectomie, j'iradiais plus de joie de vivre qu'eux. Mais bon, que connais-je aux affres de la guerre? Hein? Hein? (une fillette de 11 ans, ça compte-tu?)

Je consulte le Petit Robert pour la définition exacte d'«émouvantes», et je vous reviens.