30 mars 2008

Magister Dixit

(le maître l'a dit)

Aille, je me suis pas tapé trois ans de latin pour ne pas vous émouvoir devant mon érudition. Considérant que cette locution vient directement des pages roses du Petit Robert et que j'ai zéro souvenir de mon latin hormis «habitez-vous dans le coin, jeune napolitaine?», vous me ferez grâce de vos mots déplacés.

Sur une note plus sérieuse, plus j'avance dans la biographie de Gotlib, plus je me rends compte que je ne suis qu'un vil copiste. C'est pas une blague, à chaque fois qu'il intervient dans une note de bas de page, je sais exactement ce qu'il va dire. «Il faut séparer l'élève du maître», comme disait mon épicier. Bin c'est raté, ma petite personne se rend compte qu'elle n'est qu'une copiste de salon, que j'ai tout pris de lui et que je ne fais que rabâcher ses mots.

Mais j'assume. Je suis 100 fois moins drôle et virulent que lui, mais comme il me fait ternir mes pantalons au centuple, ça revient au même.

Si la chose vous intéresse (lui, pas moi), sur Youtube une entrevue en six épisodes avec Marcel. Mon second papa, mais ne lui dites pas svp.



Si vous voulez tout voir, les six épisodes sont ici. Bon visionnement!

28 mars 2008

C'est clair que la fin du MONDE approche lorsque...

... on est dans le bureau, que la téloche est allumée dans le salon et qu'on entend en sourdine «Ne manquez pas La poule aux oeufs d'or, avec Joël Legendre, ce mercredi à TVA.»

C'est comme tous les signes de l'Apocalypse d'un coup. Il chierait des grenouilles que j'aurais moins peur.

C'est accessoirement un signe profond d'apoplexie. Si au moins c'était ça!

See you in Hell.

27 mars 2008

Le coeur de Myriam

Myriam et moi n'entretenons pas une solide relation d'amitié. Collègues du secondaire, nous échangeons un courriel à tous les sept ans, du niveau de : «Bonjour! quoi de neuf? Ah oui deux enfants déjà!, mazette! Ta job te fais chier toi aussi?»

Nous nous sommes revus récemment, à l'occasion de notre cinquantième anniversaire de graduation du Collège (c'était peut-être moins). On a jasé quelques minutes, échangé quelques blagues, assez pour que je sache qu'elle n'avait pas changé d'un iota, toujours aussi avenante, maintenant mère, tout va bien.

Dans un courriel expédié collectivement de ma tribu Promotion 1987, j'apprenais en fin de journée que Myriam a souffert d'un ACV.

Un ACV!

Il n'y a pas si longtemps, ce genre d'événement était strictement réservé à nos oncles alcolos, à nos vieilles tantes souffrantes. Myriam a souffert d'un ACV à mon âge. À notre âge, nous qui étions éternels hier matin.

Nous étions éternels.

Le mot «cancer» est également apparu récemment. Comme une épée de Damoclès, il va de soi.

Mais nous sommes éternels.

Parce qu'un ACV ne nous tue pas.

Parce qu'une menace de cancer ne nous tue pas.

Parce qu'on se réveille demain matin, en pensant aux 1001 détails de la vie, aux vêtements à laver, à l'entrée à déneiger, aux impôts à se faire imposer.

Ainsi vont les choses de la vie. Et je pense à Myriam, et aux autres qu'il m'est impossible de perdre.

Nous sommes éternels.

26 mars 2008

Moi mes souliers

Le petit Giuseppe fut très surpris de voir ses deux oncles préférés arriver à l'improviste à la maison. C'était d'autant plus surprenant qu'ils étaient tous les deux cassés comme des clous, n'avaient pas de voiture et ont fait le périple à pied d'Augusta, en Sicile, jusqu'à Naples, où vivait justement le petit Giuseppe.

«Vos vêtements ne sont même pas mouillés», leur dit-il dans un pur accent italien du sud que vous aurez reconnu à la ponctuation.

«Tu as l'oeil mon petit Giuseppe», répondit, non sans rire, l'oncle de droite, un gauchiste fini qui cherchait à être le centre d'attention.

L'oncle de gauche, prit d'un malaise, se tint à la balustrade et ouvrant la bouche, bailla tellement fort qu'il réveilla la vieille Maria, la voisine d'en face, qui était pourtant morte depuis deux ans.

«Par Pepito, mon oncle, comment fais-tu pour bailler si fort sans te défaire la mâchoire?», posa non sans délicatesse Giuseppe, étonnant l'assemblée avec sa maîtrise parfaite de la langue grecque.

«C'est parce qu'on vient de loin», répondit-il.

MORALITÉ:

Quand on est claqué, on bâille du Corneille.

22 mars 2008

Coupable par association, votre honneur

On m'a soufflé à l'oreille un récent billet de Martin Petit, intitulé La botte de Richard Martineau. Pour résumer la chose, le grand Petit affirme avec une certaine justesse que «La botte de Richard Martineau c’est le crime par association.» Je ne serai pas le dernier à remarquer qu'effectivement, notre grand rescapé de Verdun - dont il est sorti armé de ses idées et non de ses poings comme il a été dit dans un blogue que je ne citerai pas - tourne souvent les coins ronds afin de faire valoir son point de vue. Mais bon, c'est pas facile de commenter l'actualité et sa soeur à tous les jours dans les 174 tribunes qu'offre l'Empire.

Là où ça devient franchement amusant, c'est lorsque l'amie Sof en rajoute et s'attribue les pires exactions par association à son frénétique vécu.

N'étant pas de marbre, et pour assouvir un certain fantasme hitlérien. voici de quoi je suis coupable devant l'Humanité entière, si l'Homme Martineau avait à qualifier mes actes saugrenus en commentant mon passage sur cette planète, toute petit comme chantait l'autre.

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Philémon, vu par Martineau, père en devenir, exilé du Voir, défendeur de la veuve et de l'orgelet:

On dira ce qu'on voudra, et j'aurai une opinion sur ceci plus tard, mais se cacher derrière un pseudonyme prouve une chose hors de tout doute: on a affaire à un faible et un lâche. Moi, je ne me cache derrière rien, et ce ne sont pas les avocats puissants de Quebecor qui me feront taire. Ce Philémon, dont je tairai le nom car sa mère aurait honte, signe quelques navrantes critiques chez nous. Quelle tristesse, d'héberger un tel pleutre en nos terres. Car on dira ce qu'on voudra, QUEBECOR, en grosses majuscules, porte haut le flambeau de l'information de masse dont je fais partie et, malgré les quolibets, NOUS avons un rôle à jouer. Parce que vous avez le droit de savoir, vous avez le droit d'être informés, vous avez le droit de lire mes 72 billets par semaine.

Pour en revenir à Philémon, ce cul-de-jatte, ce terreux qui se cache sous la jupe de maman, que dire de plus? Son patrimoine familial, nul doute, aura permis aux Allemands d'envahir la Pologne en 1939. Surpris? Relisez Léon Tosltoï bordel! Les Morinovitch, ça ne vous dit rien? Reportez vous 50 ans plus tard, les débuts de Michel Tremblay, La grosse femme d'à côté qui est enceinte? Enceinte de qui vous pensez? Hein?

Si ce gueux, ce penseur mou n'occupait pas ce poste qu'il pense prestigieux au sein de la grande famille dont je suis l'illustre incandescence, la situation au Québec ne s'en porterait que mieux. Mais non. On préfère passer outre, le nourrir, lui et sa famille, lui payer des REER auxquels NOUS, honnêtes bouseux, contribuons également.

Le Québec est triste, la société va mal, ce type, ce Philémon, porte sur ses trop frêles épaules le constat de notre échec patent. Noam Chomsky avait bien raison, dans son dernier billet que j'ai lu afin de vous émouvoir et vous impressionner (oui, je comprends le double langage de cet érudit américain). Comme il le dit si bien, "When the shit hits the fan, it hits really hard". Nul besoin de traduire je crois.

Revenez me lire demain.

19 mars 2008

C'est vrai que c'est plus qu'une banque!

Depuis que Desjardins a installé 172 contrôles d'accès pour nos comptes en ligne et qu'il faut choisir une phrase et une image pour s'authentifier, ma vie bancaire on ze web n'est plus la même.

Donc, j'ai dû rédiger une phrase d'accueil, de mon cru, et choisir une image parmi les trucs plates que le site proposait. Tout ça dans le but que je sache que je ne suis pas sur un site frauduleux quand j'accède à mon compte.

Le résultat est fantastique, comme vous verrez plus bas.

Merci, mais VRAIMENT merci Desjardins. J'ai tellement hâte d'appeler AccèsD et qu'ils me demandent ma phrase de vive voix.




Et oui oui, c'est authentique tout ça! Je gère mes avoirs comme je peux.

18 mars 2008

Parce que dans le mot «culture», il y a le mot...

Ceux qui ont dit «ure», prenez vous un chocolat pour la peine, vous avez bien bossé.

Mon collègue émérite Antoine m'a offert une petite réflexion intéressante aujourd'hui sur la différence culturelle dans les affiches d'un même film mais destinées à des marchés différents. Il croyait poster cela dans notre blogue au bureau, mais considérant que notre internaute moyen frôle le gouffre alphabétique - du moins ceux qui daignent nous laisser des commentaires - on s'est dit que de poster sur nos trucs persos allait être mieux. Car vous, on vous aime plusse.

On y va pour l'analyse sociologique sur les différences entre la moralité française et américaine, et ça se fait d'un seul coup d'oeil!

Le film: Boarding Gate. C'est ici que ça se passe!

Une autre maudite bonne raison d'évacuer les écoles et d'effrayer les enfants

Quoi de plus agréable, me direz-vous, qu'un enseignant qui se présente dans une classe le vendredi midi pour annoncer à 30 enfants facilement impressionnables qu'il faut abandonner derechef devoirs, sièges inconfortables et promesse d'une fin de semaine meilleure en raison d'un GRAVE POTENTIEL DE MORT SOUDAINE PAR STRANGULATION DU TOIT?

Difficile à battre, en effet. Mais la sympathique Diane de Courcy, présidente de la CSDM mais surtout grande frigide en recherche de capital de sympathie pour sa décision, oh! combien réfléchie et héroïque de sauver les enfants d'une mort honteuse vendredi dernier, pourrait de nouveau paraître encore mieux. Voyez plutôt ce nouveau symbole de morts imminentes.



Remarquez l'icône de l'hélicoptère TÉVÉA, qui confère a la chose son élément dramatique. En direct en plus! Au coeur de l'actualité!

D'un coup que les cantines de nos écoles se mettent à exploser? Hein? Hein? Y aviez-vous pensé? Naooooon, car vous êtes des parents insensibles, ça se sait. Une chaudronnée de sauce poutine qui pète au visage de notre jeune génération, imaginez la chose!

Moi je dis: fermons les écoles jusqu'en 2009. Une dure décision à prendre, certes, mais notre société sociale-démocrate en a bien besoin. Merci Diane. Sans votre oeil prompt et vif, nos enfants seraient tous morts et auraient nourri les frais d'une trop longue commission d'enquête.

Dommage que mes grands-parents soient tous décédés. Eux qui ont connu de véritables hivers année après année seraient morts de rire. J'aurais bien aimé rire avec eux, tiens.

7 mars 2008

Quand on pense qu'on l'a pas facile...

En cette semaine de relâche, l'héritière et moi fréquentons le FIFEM. Malheur sur nous, entre deux projections de films, nous avons du temps à perdre. Nous partageons un repas entre amis, mais reste 45 minutes avant la projection du prochain film. La gentille dame du cinéma Beaubien nous indique que le film de l'après-midi est «sauldoute» et qu'on ferait bien de se mettre en ligne pendant.. 45 minutes. Non merci, nous convenons qu'il est mieux de s'asseoir dans les marches pour voir ce foutu film que de poireauter en ligne, et on se dirige derechef vers la très sympathique librairie a deux pas.

Mademoiselle séduit illico le proprio de l'endroit, lui indiquant ses préférences littéraires et se faisant de facto proposer quelques titres, dont un Agatha Christie qui la fait saliver. La sachant entre bonnes mains, papa s'éclipse un peu et va fouiller en territoire connu. Ah ouais, un Michel Tournier que j'ai pas lu, 7$, vendu! Rendus à la caisse, une biographie me fait de l'oeil. Ma vie-en vrac, de Marcel Gotlib. ZE bédéiste qui a changé ma vie. J'achète.

On revient à la maison, tout le monde dort paisiblement et je commence la lecture. Moi qui m'attendais a du pur plaisir dénué de malice, me voici dans l'histoire de Marcel Gottlieb (notez le double T) et de son père Ervin, alors que l'armée allemande occupe Paris. Et ça me frappe comme un 12 roues dans une pente à 90 degrés sans freins: Marcel Gotlib est juif.

Citation

«J'avais huit ans et je ne savais pas que j'étais juif moi-même. À l'école, les copains ne parlaient que de ces pourris de youpins (...) Un beau jour, quand ma mère m'a cousu l'étoile jaune, l'étoile de shérif comme disait Gainsbourg, j'ai réalisé que je faisais partie des salauds de pourris de youpins en question. (...)»

«Les raffles se multiplient partout en France au cours du mois de juillet 1942. (...) Mon père venait de partir au boulot, mais le concierge leur a dit 'Tenez, messieurs, un peu plus vous le ratiez: c'est lui là-bas au coin de la rue, vous pouvez le rattraper.' »

(...)

«Donc je réfléchis très fort, je me dis que ce concierge, ce jour-là, a été le roi des cons, ou le roi des salauds, ou, ce qui n'est pas exclu, le roi des antisémites.»

L'enfant avait huit ans.

Adieu lecture légère.

5 mars 2008

On a plus les vieilles filles qu'on avait...

Il y a un petit comique chez Cyberpresse...



Je cite le bas de vignette: Un Irakien soulève son chandail pour montrer à des soldats américains qu'il ne porte pas d'explosifs dans la VIEILLE FILLE de Baqouba. Eh bin, elles sont intenses les vieilles filles irakiennes dis donc!

2 mars 2008

Séparés à la naissance

Jeu: un seul d'entre eux est un «Sir», devinez lequel.



Jeu: un seul monstre ne mangera pas la fille. Lequel?

Bodysnatchers

Parce que c'est une crisse de bonne toune, point! Et que ça amorce drôlement bien mes vacances.