Les mois et les semaines s'égrainent. Autrefois, dans un temps pas si lointain, je ne m'en rendais pas «trop» compte. C'était sans compter sur Chose là, qui s'amuse à me taquiner avec son âge qui profite à la vitesse grand V.
C'était hier me semble, au détour d'une taquinerie de ma part, toute sympathique, où mon héritière réagissait avec plein d'amour dans la voix en me lançant des «tu vas gâââcher mon mariage, je le sais» et autres «ah! tu connais rien» (suivi d'un vaillant claquement de porte de chambre). Le bon temps, quoi.
J'ai même eu droit, pas plus tard que le ouiquinde passé, à «Je n'ai plus de père, qui êtes-vous?» parce que j'ai eu l'AUDACE de me présenter devant mademoiselle avec un t-shirt solidement ancré dans un pantalon. Ok, j'allais mettre quelque chose de noble par dessus pour masquer l'impair - genre une chemise défraîchie - mais MADAME a tout de suite noté l'affront vestimentaire.

Bref. Avant on se taquinait et c'était correct. En ce sens où mon habillement la laissait de glace - sauf la maman de l'héritière, qui refuse toujours de repasser mes bas, allez savoir pourquoi. Bref, je laissais mini-moi de glace en ce qui me concerne, mais tout commentaire sur son accoutrement et ses bonnes manières me valaient un passage obligé devant la Cour Suprême.
C'est pu de même là.
Je ne sais pas trop ce qui s'est passé entre la nuit du 12 au 13 octobre, mais là NON seulement jeune fille ne relève plus l'affront de mes attaques malveillantes en hurlant devant l'espèce humaine son désarroi, mais elle embarque dans mes blagues cruelles. Ce qui me laisse, vous devinerez, pantois et sans mot. Exemple, ce soir.
On revient de l'école. À sa petite main, les photos officielles de l'année scolaire. Bien sûr, papa a MAL CHOISI la photo, et aura coché la mauvaise case. En lieu de "hey, voici notre jolie fille avec son air 'wow, y'a une caméra je vais sourire' assise sur un banc", j'aurai maladroitement coché la colonne 'photo officielle DEVANT la facade de l'école', toujours avec la jolie fille "wow, y'a encore la même caméra je vais sourire".
Mes amis personnels noteront avec stupéfaction mon étourderie d'avoir coché la mauvaise case. Ils apprécieront cet aspect sympathique de ma personnalité et ne COMMENTERONT PAS.
Bref, revenant de l'école, je balance à l'héritière:
- C'est dommage, une si belle photo de facade de ton école, il y a une petite fille qui vient gâcher l'image. J'espère que je pourrai la retirer avec Photoshop. Une si belle école.
Techniquement, à ce moment précis de l'histoire, je m'attendais à une salve de haine et de jus de bouche. J'ai plutôt eu droit à:
- Oui c'est vrai, si tu utilises tel outil dans Photoshop (son terme était trop technique pour moi), tu pourras retirer ma photo et rajouter celle d'une personne de ton choix.
Je n'invente rien.
Je vois sa jeune naïveté s'étioler, à mon grand regret. Et avec elle, mon compte en banque. Demain matin, j'envoie une bouteille de vin à mon urologue. Il gèle mal, mais il coupe bien.
Vivement le secondaire. Quelqu'un a une copie de
Tanguy à me prêter?