28 février 2007

C'est quand c'est gratuit que c'est plusse bon

Grand dada naïf que je suis, je pense toujours que les gens me voient comme ce sympathique beau bonhomme affable, courtois et pas mesquin pour un sou. Jusqu'à ce que mon collègue monsieur Seb me garnotte une offrande digne des Dieux sur mon clavier. «Quin, ça te tente tu un destroy?» Évidemment, mon intégrité de critiqueux en a pris un coup. Comment ose-t-il? Moi qui n'ai pas entendu une seule note de l'album, et on m'impose tout de suite un angle. Je l'ai regardé dans le blanc des yeux. (Ensuite je l'ai regardé vraiment dans les yeux parce que le blanc, on oublie pas, c'est à côté de la caméra hein, you-ou tu me regardes quand je te parle, Tancrède?). Bon bref, armé de mon regard, mon intégrité et une autre affaire dont le terme exact m'échappe, je lui ai asséné un splendide «Oh oui!».

Voici donc en primeur, pendant que les autres attendent, ce que j'ai pensé du premier album de Jacques Villeneuve, Private Paradise. Les opinions énoncées plus bas n'engagent que vous.
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Jacques Villeneuve
Private Paradise

Certains exploits sont réalisés à force de courage et de ténacité. D’autres, au prix d’efforts soutenus et de sacrifices. Ainsi, mon lecteur cd ne m’adresse plus la parole depuis ce matin. Simple bouderie? L’avenir le dira. De plus, je vis maintenant avec ce sentiment oppressant d’avoir subi l’extraction violente de mon lobe temporal droit. Mais j’ai persisté. Malgré les heurts, la route cahoteuse. J’ai gravi l’Everest, j’ai fait fi des trompettes de Jéricho et je suis allé au bout de la chose : traverser les 13 plages de la première galette de Jacques Villeneuve. Rassurez-vous, je parle du neveu. S’agira-t-il de son dernier? Mes lampions brûlent déjà.

En fait, s’il veut pondre quatorze albums à l’année, c’est son droit et son privilège les plus stricts. Se produisant lui-même, l’artiste - ou dans ce cas-ci Villeneuve - n’est redevable à personne. Par contre, il aurait pu se la jouer discrète en se lovant par exemple sur Myspace, là où des internautes avides de découvertes auraient eu le plaisir de s’oindre la trompe d’Eustache de ses douces mélopées. Nenni. Le neveu Villeneuve s’offre la totale : la tournée médiatique, le lancement, hop! On peut donc en parler sans malaise.

En fait non, il y en a un malaise : le vide abyssal qui «habite» Private Paradise. Le monégasque l’a avoué bien candidement : cet album était fait pour le plaisir, le sien de toute évidence. Où sont les textes, les mélodies, le rythme, l’enveloppe musicale? Et je passe sous silence l’aspect vocal de la chose; ça tombe bien, le timbre de voix de Villeneuve rappelle le silence mal assumé. Même un traitement royal à la ProTools n’aurait pu venir à bout de ce filigrane sonore.

Affaire de famille, Private Paradise réunit le frère et sa sœur Mélanie l’instant d’une pièce - Father - dédiée à ce célèbre père qui fut arraché des siens sur la piste de Zolder (Belgique) en 1982. On aurait aimé apprécier ne serait-ce que le texte. Déception, celui-ci est d’une navrante banalité qui laisserait desséché le plus généreux globe oculaire en ville. La sœur Jessica n’est pas en reste, elle qui vient ajouter une couche supplémentaire d’absence vocale sur l’avant-dernier morceau, Étrangers. Un exemple parfait de dichotomie musicale, alors que le duo nous offre un des plus mauvais agencement rythmique et vocal entendu depuis… beaucoup!

Lumière au bout du tunnel, la pièce finale Mother Earth nous donne une petite idée de ce qu’aurait pu être l’album s’il n’avait pas été conçu à la va-vite avec un minimum d’inspiration. Enfin une pièce rythmée, une mélodie intéressante qui tourne rapidement au ver d’oreille. On dirait même que Villeneuve prend plaisir à chanter - il était grand temps! Close, but no cigars, comme on dit à Monaco.

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Cette critique est dédiée à Pierre-Alexandre Birtz, collègue émérite qui a façonné l'homme que je suis aujourd'hui.

27 février 2007

La ruelle des nouvelles


Mon ami Monsieur Zourigne vient enfin de se convaincre de cracher ses pensées hétéroclites et malvaillantes dans un blogue. Grand bien nous fasse. Vous allez voir, il est pas radin en sarcasme. Et c'est vrai qu'il est malcommode. Mais c'est mon ami à moi.

Pourquoi Chapi Chapo? Vous lui demanderez...

25 février 2007

Chroniques de l'ascenseur: ze prémisse


Voilà un bail que l'idée me trotte dans la tête. Non non, pas celle d'importer illégalement un wapiti et de le teindre en vert pour ensuite le brocher sur le mur de mon salon. Ça c'est pour plus tard encore et c'est une surprise alors ne m'en parlez plus, ça va tout gâcher.

Non, je parle des Chroniques de l'ascenseur (insérer musique dramatique ici). C'est bin simple: la même affaire qu'un cadavre exquis (j'écris un bout d'histoire, je passe à un autre qui la continue, etc.), mais avec des gens non consentants qui n'ont aucune idée qu'ils participent à quelque chose de fabuleux.

Pourquoi l'ascenseur? Parce que c'est le meilleur lieu au monde - dans le mien anyway - pour entendre des bribes de conversations entre trois étages. Enfin là où je travaille, c'est plus entre DEUX étages car on a une culture du gros pas en forme assez bien installée.

Bref, je débute une histoire, et le reste sera à l'avenant, en incluant les bouts de conversations que j'entendrai et qui mériteront mention. Vous n'êtes pas en reste, si vous avez des trucs à suggérer, vous le faites hein. Mais ça doit être des phrases véridiques. Quand j'aurai quelques textes de faits, je regrouperai cela dans une jolie colonne à droite. Un joue on reliera tout ça, et on se fera un bel autodaffé. Je commencerai plus tard, là je dois bosser un peu.

23 février 2007

Pourquoi Philémon?

Si j'avais un dollar sonnant à chaque fois que quelqu'un me demande "Pourquoi Philémon?", j'aurais au moins 3 dollars maintenant.

...

Je vais vraiment devoir travailler mes amorces. Recommençons.

Suite à l'engoûement monstre provoqué par le choix du personnage de Philémon, j'ai décidé de répondre à la question qui m'est posée au moins deux fois par jour : non, j'en ai pas de change.

Bon, ceci étant derrière nous, pourquoi Philémon? Parce que Martin Le Malin, ça faisait un peu débile et gnangnan et que cette vieille bd est tellement mal faite qu'à côté de ça, André Pratte passe pour un scribe passionnant. J'ai donc choisi Philémon par esthétisme et parce qu'il est capable de dézipper le sol pour ensuite se lancer dans le ciel et aboutir sur une grosse lettre qui tient lieu d'île sur l'Océan Atlantique. C'est pas un beau trip de dope ça? Vous avez essayé de dézipper le sol chez vous? Vous devriez.

J'ai plein d'autres raisons mais ya rien qui bat ça. Vraiment. Alors ne me posez plus la question, vous le savez maintenant: j'en ai pas de change.

Et parce qu'on est sur le sujet des contractions intestinales, on m'annonce hier que Justin Trudeau se présentera dans MON comté aux prochaines fédérales. Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai besoin d'aller sur une île en forme de lettres à l'occasion?

21 février 2007

Je me perdrais dans mon bain

Naître, vous savez ce que c'est? Un petit couloir de quelques pouces à peine. On y va au son hein, on suit le 'poussez plus fort madame, poussez' et on est rendu. Par forçant hein, même un directeur de cabinet arriverait à le faire. Moi, non. Merci césarienne. 'Ho crétin, la grosse lumière que tu vois, c'est la sortie.' Un peu plus et le toubib installait des néons dans le ventre qui m'entourait pour m'aider. Encore une chance que je ne voyais pas encore..

Je crois que ça explique pourquoi je cochonne toujours mes routes en voiture. Je veux rejoindre Jarry. Facile, je monte. Je prends une petite rue - j'évite une rouge - et hop le tour est joué. Bin non, cette enfant de chienne de rue m'envoie à l'est sur Jarry. Je voulais aller à l'ouest, évidemment. Encore une chance que les chiffres sont gros dans les ascenseurs, je serais capable d'appuyer sur 'à droite'. Dieu merci je ne suis pas né Stastny, j'aurais sans doute tout fait pour fuir mon pays et je me serais retrouvé au Cambodge ou dans la froide Sibérie. Une chance que je suis ponctuel, ça me sauve...

Aux larmes, citoyens!

Je me demandais bien d’où provenaient ces désagréables démangeaisons cette nuit. J’ai eu ma réponse au réveil : on a orné les poteaux de ma ville avec des faces de macchabées qui esquissent leurs plus beaux sourires de vendeurs de voitures usagées. Hé ho, je vous ai fait quoi moi, hein? Et on en a pour un mois et demi, c’est du propre. En parlant de propre, ce n’est pas vrai que tout ce qui monte redescend car les pancartes électorales sont peut-être apparues le temps de crier « Augendre écrit comme une diarrhée », on ne voit pas le même empressement à les arracher du décor pour les retourner chez le taxidermiste hein.

Moi c’est décidé, je prépare ma propre pancarte. On devrait tous faire pareil d’ailleurs. Affichons-nous! J’ai déjà ma phrase choc : « Pour une érection partielle réussie, votez bien, votez rien. » Enfin je vais la retravailler entre deux sessions de yoga.

La douche

Je paraphrase l'humoriste américain Steven Wright; ça fait un bail qu'il a posé la question mais je n'ai toujours pas trouvé la réponse appropriée. Voici la chose: lorsqu'on est dans la douche, on entend invariablement la sonnerie du téléphone. Pourquoi, lorsqu'on est au téléphone, n'entendons-nous pas la douche? Personnellement, la question me dépasse. Un peu comme la question des inéquités mondiales, mais différent. Allez savoir. Et s'il vous plaît, ramenez moi la réponse. Et un litre de lait. Et ne me carottez pas la monnaie, je vous ai à l'oeil, mécréants.

C'est comme ça

Ce blogue est un incident heureux, inspiré d'une amie qui vient d'en faire autant. Je n'ai aucun mérite, sauf celui de relever l'idée. Au pire aller, je serai fusillé sur le champ sans autre forme de procès, alors qu'ai-je à perdre?